Skikda-Été 2020 avec Coronavirus

Pas de plage en perspective ?

Par Zoheir Zaid

L’été 2020 est là. Les préparatifs de la saison estivale entamés déjà fin 2019 semblent compromis par le Coronavirus. La baignade est interdite, des dispositifs sécuritaires ont été installés, les éléments de la Sécurité traquent tout plagiste qui ose s’approcher de la grande Bleue. Le tourisme balnéaire demeure la grande ressource du tourisme, contribuant à une grande partie de ses recettes. Comment faire si Coronavirus persistera ? Et quelles sont les alternatives financières si le confinement et la distanciation sociale en découlant seront toujours de mise ? Pour y voir plus clair, on a interrogé quelques intervenants dans le tourisme. Yassine Remmache, 34 ans, Master 2 en communication touristique et formation à l’Institut national spécialisé en formation professionnelle du tourisme à Filfila (Skikda) : « Tant que le tourisme est basé sur l’élément humain, il est difficile de le faire décoller si le Coronavirus dure. », avant d’argumenter, « sachant que le tourisme articulé autour de la circulation des personnes entre wilayas et pays, notamment le déplacement aérien, terrestre et maritime, il sera impossible de le redynamiser. Dans ce sillage, l’activité des hôtels et des restaurants s’appuient sur l’afflux de la clientèle et le regroupement, et tant que le Coronavirus est centré sur la distanciation, ces structures, noyaux du tourisme et dont a grandement besoin le touriste, ne peuvent être rentables et donc contributeurs à la génération des revenus requis. » Yassine Remmache compare l’impact de cette pandémie à celui d’«une guerre destructive dépourvue du facteur de la sécurité », poursuivant ses propos en affirmant que « le tourisme ne peut réussir dans aucun pays, en l’absence du facteur précité. » Il n’en demeure pas moins, selon ce formateur en tourisme, que « le tourisme d’une manière individuelle peut avoir droit de cité. Pour l’exemple : chaque personne peut, à titre de loisirs et de détente, se balader dans la forêt la plus proche, pour y contempler la nature, en appliquant, bien sûr, les restrictions préventives liées au Coronavirus. » « Aussi, a-t-il ajouté, les wilayas appliquant un confinement total (interdiction d’en sortir et d’y rentrer plus les extras-wilayas), peuvent programmer, en guise de renflouement de leurs caisses, quelques actions permettant aux familles de se détendre un peu. Toutefois, cela reste un danger imminent pour la santé, du fait de la contagion de la maladie. » Enfin, Yassine Remmache conclut : « La saison estivale sera à coup sûr compromise à cause du Coronavirus si celui-ci dure. Les intervenants dans le tourisme en pâtiront et n’enregistreront pas la rentabilité des saisons précédentes. Il est donc impératif de les dédommager. Ceci est l’une des prérogatives dont doit déjà l’Etat. » Un observateur de la scène touristique, nationale et internationale, qui a requis l’anonymat s’exprime: « Tout n’est pas clair, pour le moment, et aucune solution digne d’être citée ne peut être avancée. D’autant que les préparatifs de la saison estivale auraient déjà été entamés et même finalisés. Car, le secteur se prépare, depuis quelques années maintenant, à accueillir la saison estivale à partir de l’Aid el Fitr. C’est dire qu’on est plein dedans.» Enchainant : « Bien sûr, chaque intervenant dans le secteur du tourisme peut, en respectant bien sur les mesures préventives contre le coronavirus, trouver des solutions adaptées à son investissement. » Faisant le bilan des dégâts du Coronavirus, notre interlocuteur, révèle que « les agences de voyages demeurent les plus grandes pénalisées, ayant vu leurs activités tout simplement gelées depuis la suspension des vols et l’interdiction de circulation des personnes (voyageurs et touristes). Les pertes en matière d’emplois sont de l’ordre de près de 3 000 emplois, selon les chiffres avancés par les représentants de ces voyagistes. » « En deuxième position des pénalisés, a-t-il ajouté, viennent les hôteliers, surtout ceux dont la clientèle se recrute essentiellement en période estivale. Actuellement, n’y séjournent chez eux, que les missionnaires pour le compte des sociétés disposant de projets de réalisation sur les territoires où sont basés les établissements hôteliers. » « Toutefois, notre interlocuteur tient-il à préciser, l’Etat prévoit de dédommager agences de voyages et établissements hôteliers du manque à gagner généré par cette pandémie. » « Coronavirus a également mis à mal les circuits organisés culturel, et autres, les campings familiaux et inter-wilayas, les colonies de vacances…», conclut notre observateur. Nous terminons par indiquer que coronavirus a fait du mal, car c’est un intrus dont les mesures anticipatives n’ont pas été mises en œuvre opportunément, du fait de la méconnaissance de son apparition, de la faiblesse des moyens matériels et humains dont se caractérisent quelques Etats, mais aussi du non-respect par les citoyens des préventions indiquées par les pouvoirs publics.

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