Annaba / Coronavirus – Un respect relatif des règles de confinement

Un respect relatif des règles de confinement

La population d’Annaba s’est déconfinée de son propre chef, ne respectant que relativement les règles de précaution nécessaires qui sont pourtant impératives pour éviter justement tout risque de recontamination par le covid 19. Une population qui continue à prendre à la légère les mesures barrière indispensables imposées par les autorités. Une telle désinvolture procède d’une mentalité rétrograde qui a d’ailleurs toujours existé dans cette ville. Les autorités locales semblent aujourd’hui totalement dépassées. Le DG de l’institut Pasteur /Algérie a pourtant déclaré le plus sérieusement du monde ceci « Le non-respect des règles de protection sanitaire entrainera une deuxième vague de contamination de grande ampleur. Ajoutant que le pays a connu durant les trois mois de confinement une stabilisation de l’épidémie parce que les règles ont été globalement respectées. Que celles-ci se relâchent un tant soit peu alors il ya un risque majeur et potentiel d’une réactivation du virus. Alors qu’est ce qui se passe dans la quatrième ville d’Algérie. Il faut voir le nombre de personnes, hommes et femmes, circulant à pied ou en voiture hier mardi au centre-ville mais aussi dans les quartiers périphériques. On se croirait en temps normal. Nous avons assisté à un spectacle désolant hier en face du siège de la daïra. Une foule frénétique composée majoritairement de femmes s’est appropriée le trottoir d’en face en se livrant à des discussions très animées sans masques de protection, leurs visages se trouvant à quelques centimètres, salivant à satiété, donnant ainsi au virus toutes les chances de contaminer à cinquante mètres à la ronde tout leur entourage. Une scène de ce genre est pourtant inconcevable en cette période. Les habitants d’Annaba, heureusement pas tous n’ont pas encore compris que pour en finir définitivement avec ce fléau, il faut le pousser dans ses derniers retranchements. Comment ? En s’auto-disciplinant et en s’interdisant certains comportements qui se faisaient auparavant et qui s’avèrent préjudiciables aujourd’hui. La présence policière d’habitude si prompte les premiers jours du confinement a disparu des rues laissant la ville en proie à ce défoulement des gens qui semblent faire fi de toutes les recommandations émises chaque jour par la radio et la télévision et même par les muezzins après chaque appel à la prière. De huit heures du soir à cinq heures du matin il y a toujours du monde dans les rues et des rassemblements de personnes, qui en principe ne sont pas autorisées, se font surtout dans les quartiers et cités à forte densité de population. On a demandé aux commerçants et aux transporteurs en commun de respecter strictement les mesures barrière. Ils le font mais ne peuvent pas se transformer en agents de la sécurité, ce n’est pas leur rôle, c’est celui d’agents publics. Il y a là un relâchement visible de la part des autorités locales vis à vis de la population annabie. Les sanctions contre les personnes ne respectant pas les règles du confinement ne sont exercées qu’après 20 heures, c’est-à-dire qu’une fois que la majorité des gens commencent à peine à rentrer chez eux. Seule une poignée de personnes est verbalisée alors qu’il faudrait sanctionner toute personne, en dehors du couvre-feu qui ne porte pas un masque de protection ou qui refuse de se tenir à distance d’un mètre. Ne pas le faire c’est prendre une lourde responsabilité car ne nous leurrons pas le virus est bien présent à Annaba. Les hôpitaux reçoivent chaque jour, depuis quelque temps un lot de malades contaminés par le covid. Cela est dû au non-respect des règles de protection. Le virus prend de l’ampleur ces derniers temps et ce relâchement observé actuellement dans cette ville lui donne l’occasion de se propager. Il ne faut pas que cette situation empire et que les hôpitaux de la ville ne soient débordés. Ils se trouvent aujourd’hui dans un état de saturation maitrisée mais jusqu’à quand ?

Par Djamel Saadi

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