Caisse Nationale de retraite – Un déficit de 680 milliards de dinars

La situation de la caisse nationale des retraites est préoccupante. C’est en tous cas ce qui ressort de l’entretien accordé par le ministre du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale à notre confrère le « Soir d’Algérie ». Selon M.Acheuk la trésorerie de cette caisse serait totalement vide s’il n’y avait pas le soutien financier de l’Etat. Sans un tel soutien aucun retraité ne percevrait aujourd’hui ni demain sa pension de retraite. Ce n’est pas normal a-t-il souligné et une telle situation ne peut perdurer indéfiniment. Il faut mettre le holà a-t-il ajouté. L’Etat à lui seul ne peut visiblement pas se substituer aux cotisants. Le dossier de la réforme du système des retraites est sur la table depuis longtemps mais les syndicats continuent de tergiverser pensant que ce n’est pas le moment et estimant qu’il faudrait convoquer des assises nationales consacrées à la réforme du système des retraites en Algérie qui a hérité de celui qui existait durant la colonisation. Les partenaires sociaux renvoient donc la balle au gouvernement et celui-ci ne semble pas pressé, bousculé qu’il l’est par la crise sanitaire et la situation économique dans laquelle se trouve le pays depuis quatre mois. Pourtant il y a urgence à régler ce problème des retraites qui est un vrai chaudron social. La solution du recours à la planche à billets est de plus en plus évoquée, augmentant ainsi et de manière considérable la dette publique. Le déficit de notre PIB est alarmant il avoisine les 30%. Les syndicats préfèrent quant à eux une autre solution qui n’est pas originale puisqu’elle a toujours existé, celle de prélever 2% de la fiscalité pétrolière et transférer ce pourcentage à la CNR. Une proposition qui a été rejetée par le gouvernement actuel car deux pour cent de la fiscalité c’est énorme et le gouvernement a besoin du moindre dollar prélevé sur les hydrocarbures car les sommes dues à la fiscalité seront réservées à des projets consacrés à la croissance économique. Le problème des retraites reste donc entier. Le ministre a évoqué une solution pour augmenter le nombre de cotisants car c’est là que le problème demeure. « Nous travaillons sur une proposition consistant à élargir la cotisation à la retraite pour toutes les personnes travaillant aujourd’hui au noir ou œuvrant dans le secteur informel dont beaucoup parmi ces derniers cotisent actuellement à la sécurité sociale pour accéder aux soins. La nouveauté serait qu’il faille élargir ce dispositif à ces personnes pour la cotisation à la retraite. Aujourd’hui il y a des millions de jeunes qui travaillent dans l’incertitude absolue de leur avenir. Avec une telle proposition ils verront plus clair et ne seront plus angoissés quand ils atteindront l’âge du départ à la retraite. C’est une solution qui est aujourd’hui discutée et qui verra, il faut l’espérer, le jour dans un proche avenir. Mais pour le ministre le système actuel de répartition intergénérationnelle a marqué ses limites. Pour qu’il soit efficace il faudrait 7 cotisants pour un retraité. Ce n’est plus du tout le cas depuis de nombreuses années. C’est pour cela qu’il faut réformer profondément et non artificiellement un tel système qui ne répond plus aux exigences actuelles. Il faut trouver la correspondance entre le secteur informel et celui classique car celui-ci ne s’adapte plus. L’année 2021 verra peut être le changement consacrant un nouveau système de retraites. DS

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