Ouverture du capital des EPE – La question est à l’ordre du jour

 

Le conseil des ministres qui a eu lieu avant-hier a soulevé la question de la restructuration profonde du secteur industriel public et des EPE ayant un lien direct avec le capital marchand. Le président de la république s’est déclaré insatisfait du peu de performance enregistré par ces entreprises publiques malgré un soutien financier conséquent et soutenu de l’Etat. La rentabilité n’y est pas a dit le chef de l’Etat, soulignant que le temps est aujourd’hui arrivé de renouer avec la croissance, la performance et le profit. Pour le président ces entreprises ne doivent plus fonctionner comme des administrations mais en entités économiques cherchant par-dessus toute la compétitivité. Or dans l’état actuel des choses cela leur échappe totalement d’où a ajouté le président la nécessité de faire entrer dans le capital de ces entreprises surtout celles qui ont une vocation manufacturière et équipementière des opérateurs privés nationaux ou étrangers. Cela permettra à ces EPE de recevoir de l’argent frais que l’Etat n’est plus en mesure d’apporter mais aussi de revoir leur modèle de gestion qui n’est aucunement adapté à la performance et au gain géré par le profit dégagé par la vente au niveau du marché intérieur mais également tourné vers l’exportation. Ces nouvelles orientations d’Abdelmadjid Tebboune sont claires et envoient l’image d’un président de la république plus déterminé que jamais à changer le modèle économique de cette Algérie nouvelle qu’il entend édifier et qui ne ressemblera en rien à ceux qui avaient été esquissés , sans succès apparent ,par les systèmes politiques précédents . Ce point de vue est totalement partagé par Abderrahmane Benkhalfa, ex ministre des finances et exerçant actuellement la fonction d’envoyé spécial de l’Union africaine. Intervenant hier sur les ondes de la radio nationale, il a déclaré que le temps est venu d’ouvrir le capital des entreprises publiques spécialisées dans la transformation industrielle et dans la fabrication manufacturière au capital privé. Celui –ci qu’il soit national ou étranger a les capacités indispensables de rendre ces entreprises performantes. Est-ce que ce capital sera minoritaire ou majoritaire ? Cette question mérite un débat a-t-il souligné mais selon lui l’abrogation de la règle 51/49% ouvre la porte à un rachat majoritaire de ces SPA du secteur public par des investisseurs nationaux établis en Algérie ou des bi nationaux intéressés ou tout simplement par des étrangers. Le tout est de fixer les règles devant permettre à ces entreprises à capitaux mixtes de renouer avec une santé financière saine et surtout compétitive et dégageant des profits devant satisfaire les parties concernées par la gestion de ces entreprises. Ainsi le tabou concernant la propriété exclusivement publique des EPE n’existera plus. Il a vécu des décennies et il était considéré comme sacré par les différents régimes politiques qui n’osaient pas le remettre en cause pour des motifs différents sauf économiques. A présent que le pays se trouve en face d’un avenir totalement perturbé par l’effondrement des cours du pétrole , la baisse des exportations qui ne génèrent plus les revenus escomptés par l’Etat pour faire marcher la machine économique , l’urgence d’un changement profond et significatif du modèle économique s’est imposée aux nouveaux dirigeants politique du pays. L’heure est à la réadaptation et à la régulation d’une économie nouvelle génératrice de croissance et d’emplois pour les générations montantes. L’idéologie n’est plus de mise. Jusqu’ici elle surplombait le paysage économique du pays. Il est temps d’en finir avec le virus gestion administrative qui a empoisonné le climat d’affaires en Algérie. Le temps d’un libéralisme réglementé et à vocation sociale est arrivé. C’est en tous cas l’essentiel du message du président transmis au gouvernement lors du conseil des ministres de dimanche dernier.

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