Le président de la cour a suivi le réquisitoire du procureur de la république

Le verdict prononcé hier mercredi par le tribunal de Sidi M’Hamed contre le principal accusé de l’affaire dite de montage automobile était plus ou moins attendu malgré les dénégations de Mahiedine Takhout et de toute la panoplie de membres des gouvernements précédents, à leur tête les deux ex premiers ministres Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia. Pour rappel la plupart de ces accusés appelés à la barre ont tous nié les charges retenues contre eux par l’appareil judiciaire. Leurs avocats ont également suivi la même démarche. Rien n’y fit le président de la cour a suivi le réquisitoire du procureur de la république et a finalement condamné le principal accusé, en l’occurrence Mahiedine Takhout à 16 années d’emprisonnement ferme assortis d’une amende de huit millions de dinars, la confiscation de tous ses avoirs bancaires et la saisie de biens immobiliers. Sans broncher le concerné a entendu la prononciation de sa peine pensant sans doute que le jeu était fixé d’avance. Les deux ex premiers ministres ont quant à eux écopé de 10 ans de prison ferme. Voila pour le procès. Il se trouve néanmoins que le problème de la récupération de l’usine CIMA ainsi que de l’entreprise de transport universitaire qui sont la propriété exclusive de Takhout reste entier. Certes il y a un administrateur qui avait été chargé par le gouvernement Bedoui de la tutelle administrative de ces entités économiques mais celui-ci éprouve toutes les peines du monde à faire redémarrer celles-ci car la banque qui a concédé des crédits importants au propriétaire est elle-même focalisée sur le recouvrement de la dette contractée par Takhout. De plus la comptabilité de ce dernier est opaque. Takhout étant le grand patron de l’usine de montage auto et de l’entreprise de transport des étudiants agissait comme un épicier dirigeant son petit commerce. Les livres des comptes n’obéissaient à aucune règle normative. Les dépenses et les recettes étaient consignées de manière irrégulière.Dans La comptabilité examinée par l’administrateur désigné par l’Etat figure des zones d’ombre. Il y a un flou délibéré des comptes. La question qu’il faut poser et qui a échappé jusqu’ici à la justice mais également à l’administrateur est celle-ci : Quel est le rôle précis des commissaires aux comptes qui avaient pour charge de dresser le bilan financier des activités de l’accusé ? Cela ne mérite t-il pas un complément d’enquête sur le sujet ? On sait pertinemment que les commissaires aux comptes ne brillent pas tous par leur intégrité morale et leur honnêteté professionnelle. Cette fonction forte lucrative suscite souvent des appâts de gains inconsidérés et un nombre indéfini de ces super commissaires aux comptes qui ont fait leur fortune grâce à l’exercice de ce métier. Il est aujourd’hui plus qu’évident que les entreprises appartenant à Mahiedine Takhout se trouvent aujourd’hui dans les pires difficultés. Ce sont plutôt les centaines de travailleurs de ces deux entreprises qui sont le plus à plaindre. Ils réclament tous les arriérés de salaires qu’ils ne percevront vraisemblablement pas. Ils ne sont pas les seuls à être dans ce cas. La plupart des entreprises ou groupes industriels appartenant à ceux qu’on appelle les oligarques se trouvent dans la même situation et ils sont des milliers.

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