L’heure de vérité a sonné

Le premier ministre Abdelaziz Djerad a présidé hier, comme précédemment annoncé, une rencontre groupant les opérateurs économiques et les partenaires sociaux à laquelle assistaient des ministres du gouvernement, l’UGTA, le SNAPAP, le président du CNES ainsi que des chefs d’entreprises publiques et privées. Le ton grave le chef de l’exécutif a brossé un tableau plutôt sombre de la situation économique et sociale du pays. Conséquence a-t-il souligné des énormes gaspillages constatés dans la gestion du pays par l’ancien système politique auxquels il faut ajouter la chute des prix du pétrole suivie d’une baisse drastique des exportations de ce produit et pour couronner le tout la pandémie du coronavirus qui a imposé au pays un confinement sévère durant trois mis qui a mis à genoux des secteurs entiers d’activité économique. « C’est une crise sans précédent » a martelé le premier ministre aux participants à cette rencontre. M .Djerad a alors expliqué à ses interlocuteurs la raison et la nécessité d’une telle conférence leur disant que le but de celle-ci est de mettre en place une commission de sauvegarde de l’économie réelle , prélude au plan de relance de l’économie nationale dont les états généraux sont prévus les 16 et 17 Aout . « Il nous faut évaluer avec la plus stricte objectivité nos faiblesses et je sais que celles-ci sont hélas très nombreuses. Il ne s’agit pas de dire, comme on l’a fait si souvent dans le passé tout va bien dans tel secteur et que tel autre décèle des insuffisances. Non ! Il faut diagnostiquer globalement car toute faiblesse d’un secteur entraine invariablement un autre secteur jugé sain » a souligné le premier ministre, ajoutant « L’heure n’est plus à la complaisance mais à la rigueur comprise dans toute l’acceptation du terme ». Passant ensuite aux dépenses faites par le gouvernement sur instruction du président de la république. Celles-ci a dit Djerad dépassent de loin ce qui était initialement prévu. « On a dû faire face à une véritable saignée à blanc provoquée par ces trois mois et plus de cessation d’activités. Il a fallu maintenir les salaires dans la fonction publique alors que les capacités de travail ne dépassaient pas les 50%. Idem pour les entreprises publiques où seul le télétravail fonctionnait. Ne parlons pas des activités commerciales qui emploient des millions de travailleurs et qui au cours de trois mois se sont arrêtées. Tout cela a un cout pour les finances publiques et croyez –moi celui –ci est énorme » a expliqué le premier ministre. Pourtant a-t-il ajouté ces dépenses qui défient l’entendement sont nécessaires car si l’Etat n’était pas intervenu à temps et avec tous les moyens dont il dispose le pays se serait totalement écroulé. Ce langage de vérité amère que le premier ministre a adressé aux participants de cette rencontre met ces derniers en face de leurs responsabilités respectives. Véridiques ils doivent l’être mais sans verser dans le scepticisme. Il s’agit avant tout de cibler les priorités et l’urgence est dans l’action rapide porteuse de résultats. En fait si on a compris le sens du message de Djerad il faut un déclic, un élément déclencheur lequel aura un effet d’entrainement sur le reste qui se mettra à démarrer au début avec une certaine lenteur mais la cadence finira par s’imposer pour arriver à cet équilibre tant attendu pour hisser les leviers de l’économie nationale.

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