« Nous avons enregistré des pertes énormes »

Dans son intervention faite au cours de la rencontre d’hier qui a réuni les représentants de certains opérateurs économiques et les partenaires sociaux le ministre des finances, Aymen Benabderrahmane a lui aussi dressé un tableau sombre concernant des activités économiques essentielles. L’évaluation des pertes qu’il a faite et qu’il a transmise aux participants à cette rencontre ne laisse aucune place au doute. Les pertes sont fantastiques. Il a cité les entreprises considérées jusqu’ici comme les plus performantes. Celles-ci a déclaré le ministre se remettront difficilement de cette catastrophe financière qu’ils ont eu à subir à cause du confinement. Ainsi Sonatrach à elle seule a enregistré un préjudice financier de l’ordre de 247 milliards de dinars au cours de ces quatre derniers mois. Sa filiale Naftal, 20 milliards. Sonelgaz a subi des pertes de rentrées évaluées à 6, 5 milliards de dinars. Air Algérie : 16,3 milliards de dinars ainsi que sa filiale Tassili Airlines : 595 millions de dinars. Pour le ministre il ne s’agit que d’un aperçu. La vérité est plus amère s’agissant d’autres entreprises industrielles du secteur public et privé comme les travaux publics ; le BTHP, l’électroménager, le tourisme et l’hôtellerie. Leurs trésoreries internes qui étaient déjà au rouge depuis quelques années sont aujourd’hui engouffrées dans un trou noir. Endettées, ne payant plus d’impôts ni de factures de quelque niveau qui soit, elles se contentent uniquement de payer les salaires de leurs employés, salaires pris en charge par l’Etat. Le ministre a alors parlé de toutes ces activités essentielles au pays comme le commerce interactif comme la restauration, la caféterie, le transport longue distance et l’événementiel. Celles-ci sont dans un état de semi faillite. L’Etat a exigé du fisc et des organismes de protection sociale de sursoir au paiement des impôts et charges pour une durée indéterminée. Mais a ajouté le ministre des finances cela ne suffira pas. Il faudrait immanquablement venir au secours de ces activités qui emploient des centaines de milliers d’employés. Il reste à déterminer comment cela se fera mais il faut que cela se fasse et le plus tôt serait le mieux a souligné Aymen Benabderrahmane. Les interventions du premier ministre et du premier argentier du pays ont sidéré les participants à cette rencontre d’hier. Certes ils s’attendaient à des bilans sombres de l’économie nationale mais certainement pas à ce point là. Ce coup de fouet magistral donné à ceux qui ont en charge la gestion économique et sociale du pays révèle le nouvel état d’esprit de l’équipe dirigeante du pays à sa tête le président de la république. Un état d’esprit qui diffère totalement de tous ceux qui nous ont gouvernés depuis l’indépendance. La vérité tue mais elle régénère quand on l’affronte avec ce qui reste de souffle de vie.

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