Le OK du ministre des finances

C’est désormais quasiment officiel, les détenteurs nationaux de capitaux pourront créer à l’avenir des banques privées à l’intérieur du pays. L’annonce a été faite hier par Aymen Abderrahmane, ministre des finances. Jusqu’ici le sujet était tabou après l’aventure de Khalifa Bank. Ce n’est plus le cas car le nouveau paysage politique instauré depuis l’élection d’Abdelmadjid Tebboune est en train de subir une transformation radicale sur tous les plans. La réflexion économique entamée depuis l’investiture de ce nouveau président est diamétralement différente de celle de l’ex chef de l’Etat qui avait ouvert la voie à un libéralisme sauvage dont les conséquences se sont révélées désastreuses. Tebboune dès son accession au plus haut sommet de l’Etat a clairement dit que l’économie algérienne sera libérale et sociale. Libérale dans le sens d’une économie basée sur le droit et les règles du marché. Cela veut dire qu’il ne peut y avoir désormais aucune différence entre une entreprise publique et une entreprise privée. Les deux secteurs auront les mêmes avantages. C’est cet axiome qui a fait dire au ministre des finances que tous ceux qui ont de l’argent pourront aujourd’hui, en toute légalité le fructifier en créant des établissements financiers. Le ministre estime qu’il ya actuellement 5000 milliards de dinars thésaurisés. Une telle somme au lieu de circuler en dehors des circuits classiques pourra servir de tremplin à un financement de projets d’investissement dont l’Algérie a cruellement besoin. Aymen Abderrahmane a souligné que cette thésaurisation n’aurait jamais du exister si les détenteurs de capitaux avaient pu épargner dans les banques ou la CNEP. Or ajoute le ministre ils avaient perdu toute confiance dans ces établissements financiers depuis l’affaire Khalifa Bank qui a fait perdre des sommes considérables aux dépositaires d’argent dans cette banque. Qui sont ces détenteurs de capitaux dont fait allusion le ministre des finances ? Manifestement il s’agit de tous ceux qui sont à la tête du circuit informel activant en parallèle du circuit marchand formel. Le ministre les rassure en leur offrant cette possibilité de créer aujourd’hui leurs propres banques en toute légalité et en respectant les règles de l’organisation bancaire en Algérie dont le chef de file est la banque centrale d’Algérie. Aymen Abderrahmane a sans doute reçu l’aval du président de la république. Il ne se serait pas lancé à faire une telle annonce de son propre chef. Cela ne se fait plus avec Tebboune président. Il reste à présent le retour d’écho de cette déclaration. Le pays est aujourd’hui au bord d’un gouffre financier sans précédent dans son histoire. Il a besoin de tous ceux qui ont à cœur l’Algérie. Cela veut aussi dire que le gouvernement fermera les yeux sur la provenance de l’argent qui servira à créer les banques privées nationales dans le pays. L’urgence est dans la capacité du recyclage de ces milliards de dinars qui existent en abondance mais qui ne servent pas l’intérêt économique de l’Algérie. Le pari que fait le ministre est susceptible d’être gagné car une fois la confiance rétablie les investisseurs nationaux, bi nationaux ou étrangers n’hésiteront plus à s’engager dans des projets porteurs de croissance que le gouvernement compte concrétiser au cours des cinq années à venir. De plus même si le ministre des finances ne l’a pas dit la création de banques nationales privées donnera enfin vie à un système boursier en Algérie à l’instar de tous les pays qui ont fondé leur économie sur un système capitaliste sain et dynamique. Lors de son intervention, hier, sur les ondes de la radio nationale le ministre des finances Aymen Abderrahmane n’a pas ménagé ses critiques à l’encontre des banques publiques. Selon lui celles-ci n’ont pas été à la hauteur de ce que le gouvernement attend d’elles. Elles restent excessivement prudentes dans le domaine de l’investissement .Elles ne présentent toujours pas de solutions devant intéresser tout porteur de projet dans sa volonté d’investir avec leur aide dans la création d’une entreprise ou d’une start-up. Il y a un blocage qui existe et celui-ci est néfaste pour un pays qui aspire à se relever avec le concours de tous ceux qui ont de l’ambition et des idées innovantes susceptibles de contribuer activement à l’augmentation de la richesse du pays. Le pays compte aujourd’hui 1660 agences bancaires réparties à travers tout le territoire national. Ces agences activent comme des agences postales. Elles se contentent d’enregistrer les versements d’argent et s’occupent des retraits. Les crédits octroyés s’assimilent à un vrai parcours du combattant. Les porteurs de projets demandant un crédit attendent des mois pour le recevoir et la plupart d’entre eux se voient refuser leur crédit sans savoir précisément pourquoi on le leur a refusé. De telles pratiques sont malheureusement fréquentes et elles ont fini par dégouter tous ceux qui ont envie d’entreprendre. Une telle situation a amené le ministre des finances à réagir fermement. La réforme du système bancaire public est aujourd’hui sur la table. Elle fait déjà l’objet d’une attention soutenue de la part du gouvernement qui compte l’intégrer dans le plan de relance de l’économie nationale qui sera discuté les 16 et 17 aout prochains dans une conférence nationale qui regroupera tous les opérateurs économiques du pays ainsi que les établissements financiers qui opèrent à l’échelon national. Les choses sont donc en train de bouger à grand train dans le pays. La pandémie du coronavirus et ses conséquences sur l’économie nationale ont accéléré le mouvement. Il y aujourd’hui urgence en la demeure. Le pays va mal et il a besoin d’un traitement choc et celui-ci se révèlera efficace que lorsque tout le monde est mis à contribution. Il semble que ce soit le cas. Hier dimanche s’est tenu le conseil hebdomadaire des ministres. Il est différent des précédents. Il y a vraisemblablement une série d’annonces inédites concernant la situation économique et sociale du pays. On en connaitra les détails à la lecture du communiqué le concernant.

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