Quelles opportunités pour l’Algérie ?

Une  visioconférence internationale autour du thème  « L’économie du monde est en pleine reconfiguration – Quelles opportunités pour l’Algérie ? A été organisée le 15 juillet dernier à laquelle nous étions conviés.

Elle était animée par le journaliste Rachid Arab en tant que modérateur et a connue une forte assistance constituée de 700 participants de tous les pays dont notre chroniqueur l’économiste Abdelali Kerboua et moi même, les intervenants, Sami Agli président du FCE, Marc Lhermitte, Associé au sein des équipes Conseil d’EY (ex Ernst & Young) et responsable au plan mondial du conseil en matière de « Compétitivité et Attractivité », ainsi que du réseau « International Location Advisory Services ». Rabah AREZKI était l’économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord avant d’être nommé vice président de la Banque Africaine de Développement, Sami ZAOUI partner d’EY (ex Ernst & Young) consulting Tunisie et Afrique francophone, ainsi que d’autres sommités dans l’économie mondiale. La visioconférence a porté essentiellement sur les atouts économiques que présente l’Algérie et surtout sur les opportunités à saisir avec cette nouvelle équipe dirigée par le Président Abdelmadjid Tebboune. Les débats ont porté essentiellement, durant une heure et demie sur les préoccupations des dirigeants algériens pour les quatre années qui viennent, sur la technologie collaboratrice, sur les risques induits par le coronavirus sur l’économie mondiale, sur la diversification de l’économie algérienne notamment sur les énergies renouvelables, l’abandon de la règle 51/49 et la suppression du droit de préemption à exception des secteurs stratégiques et les opportunités qu’offre ce nouveau dispositif aux investisseurs, aussi bien algérien qu’étrangers, sur la réforme des institutions financières … Un débat riche et à la hauteur du theme. La transmission de haute qualité des interventions était assurée par EY Webcast et l’animation d’un Rachid ARAB était d’un professionnalisme sans équivoque. De cette visioconférence on a retenu entre autres l’intervention de   Moncef Bourkouk Investisseur expert agro-industrie Président du club agro de CCIAF en Algérie dont le témoignage sur l’agriculture algérienne a bien retenu notre attention du fait que cet expert de par son vécu en Algérie a dressé à l’assistance constituée de 700 personnalités économiques branchées des quatre coins du monde une situation réelle du secteur de l’agriculture dans toute son étendue. M. BERKOUK a commencé son intervention par dire « Je connais l’Algérie pour y avoir évolué opérationnellement pendant plusieurs années en tant que Directeur Général de la filiale locale d’un groupe international français.» Par ces quelques mots l’expert s’est positionné en tant que connaisseur des lieux et surtout du secteur de l’agriculture qu’il décrit de manière succincte et digne d’un expert. « Concrètement il y a du foncier agricole à distribuer aux investisseurs sous forme de concession longue durée dans un pays qui compte déjà 8 millions d’hectares de superficie agricole utile et 2 millions d’hectares irrigués destinés à l’investissement. » A d’emblée annoncé l’orateur en ajoutant qu’Il y a du soleil toute l’année, une main d’œuvre pas chère et de l’eau. Pour lui il y a beaucoup d’eau « y compris dans le sud du pays, dans le désert où sont développées les cultures sahariennes ». Pour cet expert chevronné, en Algérie on peut produire toute l’année, particulièrement lorsque les pays européens sont hors saison. Pour rappel  il fut un temps où l’Algérie que nous connaissions était le grenier de l’Europe durant plusieurs années avant de devenir dépendante de cette Europe qui a tout fait durant les différents systèmes qui ont gouverné l’Algérie pour scléroser l’agriculture algérienne. En ces temps nous assistons depuis la chute du régime Bouteflikiens à une renaissance de la production des fruits et légumes algériens de toutes les saisons et à des prix abordables. L’Algérie, cette année n’a rien importé et la production agricole telle qu’annoncée par le Président de la République  M. Abdelmadjid TEBBOUNE pour une  production agricole locale qui n’existait pas a fait en 2019  l’équivalent de 25 milliards de dollars. « C’était une chance pour le pays avec la chute du pétrole, nous n’avons rien importé, il y a presque une autosuffisance. Les étals des marchands de fruits et légumes sont bien achalandés et suffisent à répondre à la demande.» Avait répondu le Président de la République à une question du journaliste de France 24 qui l’interviewait en direct à la télévision. Pour en revenir à notre expert, ce dernier témoigne de l’existence  en Algérie de dispositions réglementaires claires qui encouragent l’investissement avec des possibilités de rapatriement des fees (The fee is calculated based on the duration of the loan. Les frais sont calculés selon la durée du prêt)  et une règle des 51/49 qui a été abrogée dans le secteur récemment. «  Le secteur de l’agriculture dans le pays est relativement stable avec une tradition culturale et culturelle extrêmement liées à la terre et à l’agriculture. Le secteur de l’agriculture en Algérie se résume en une phrase : tout ce qui est mis en terre est subventionné et tout ce qui sort de la terre est défiscalisé. » A rapporté M. BERKOUK dans son intervention à destination des 700 participants à la visioconférence. En indiquant que « Les subventions pour les intrants agricoles et les équipements de production sont reconduites systématiquement chaque année. Des régions agricoles entières bénéficient de précédents culturaux et écosystèmes protégés. Elles sont donc préservées et permettent le développement durable et la mise en place de cultures bios à destination du marché local de plus en plus demandeur et potentiellement européen. »  Au sens de l’intervenant, le maillon le plus faible de ce secteur demeure le moyen d’exploitation. C’est ce qui, pour lui,  pourrait tirer vers le haut le levier de la productivité et également et surtout celui de la qualité. « Il existe en Algérie un tissu d’industrie agroalimentaire développé, moderne et performant porté par les grandes enseignes nationales et internationales des produits FMCK et qui sont présents localement. » A rassuré l’intervenant les potentiels investisseurs intéressés par la terre algérienne.  Par ailleurs, souligne-t-il,  il y a peu ou pas de valorisation industrielle des matières premières issues de la production agricole ou agro-élevage. « Ce qui laisse envisager beaucoup d’opportunités d’investissement  dans les filières à l’avenir. En conclusion, les productions agricoles, l’agro-élevage et les industries agro-alimentaires sont des secteurs à fort potentiel de développement et donc porteurs d’opportunités profitables pour les investisseurs. Il y a de la place et de la demande dans l’expertise et les techniques de production, les équipements agricoles, les process technologiques en industrie agro-alimentaire ». A conclu Moncef BOURKOUK dans son intervention.

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