Le système de santé passé au scanner

 

 

Par Djamel Saadi

Intervenant hier sur les ondes de la chaine trois de la radio nationale, le docteur Lyes Mérabet, président du syndicat national des praticiens du secteur public n’a pas ménagé ses critiques contre l’organisation des hôpitaux et les établissements sanitaires appartenant au secteur public. Selon lui, on ne serait pas arrivés à la situation à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés. Une situation aggravée par la pandémie et qui provoque des morts tant qu’au niveau du personnel soignant, médecins y compris que chez les personnes surtout celles dont l’âge dépasse les soixante ans ou celles qui souffrent d’obésité ou de maladies chroniques. Lyes Merabet souligne que toutes les soi-disant réformes du secteur public de la santé ont lamentablement échoué à cause de l’inexistence d’une réflexion profonde autour d’une stratégie à adopter. Ajoutant qu’il n’y a eu que des effets d’annonces, devenues lettre morte, aussitôt faites. Il fallait, selon lui, convoquer des états généraux de la médecine publique où tous les sujets concernant la gestion et l’organisation des hôpitaux auraient étéabordés, sans complaisance et dans une totale transparence. Cela a été fait mais dans un contexte très politisé. A l’époque on se souciait davantage de son image politique que de la santé publique. Il faut aujourd’hui relancer le débat sur cette question majeure et vitale qui concerne le bienêtre physique du citoyen. L’hôpital ajoute le président du syndicat des praticiens du secteur public est devenu un sujet d’inquiétude pour les gens. C’est en effet le constat que font la plupart des gens. Il y a peu de professeurs en médecine exerçant au niveau des CHU. La plupart d’entre eux préfèrent exercer dans les cliniques privées qui offrent de meilleurs salaires et surtout des conditions mieux adaptées à leur travail. De plus ces établissements privés disposent de blocs opératoires équipés dans les moindres détails, de scanners toujours opérationnels, Des appareils performants d’imagerie médicale(IRM), de leurs propres laboratoires d’analyses et de pharmacies internes disposant de médicaments que l’on ne trouve jamais dans les hôpitaux publics. Il est donc normal que dans ces cliniques privées il y a une pratique de la médecine de qualité. C’est tout le contraire de ce qui se passe dans les établissements publics. Dans ceux-ci le personnel médical composé, en majeure partie, de médecins à peine sortis des facultés de médecine et donc n’ayant aucune expérience dans la pratique médicale, celle qui doit établir les diagnostics est confronté à des situations d’urgence hospitalière qui paralyse leur jugement. Ce qui provoque des erreurs multiples dans le traitement des maladies sévères. Dans les services de nuit et toujours dans les urgences médicales, le personnel médical est le plus souvent constitué d’internes n’ayant pas encore achevé leurs études de médecine. Comment dans tel cas espère-t-on soigner convenablement les patients et les malades sans un minimum d’efficacité ? S’il n’y avait que cela ! La plupart du temps les équipements font défaut. Ou bien ils tombent régulièrement en panne ou bien ils sont réservés à quelques privilégiés. Quant aux médicaments dont en principe les PCA sont suffisamment pourvus ils sont souvent rares et on demande aux malades de les acheter dans les officines privées pour continuer le traitement réalisé en hôpital. C’est ce genre de situation que dénonce le docteur Lyes Merabetmême s’il ne verse pas dans les détails que nous venons d’énumérer et on comprend pourquoi. Toujours est-il qu’il pointe aujourd’hui du doigt cette situation catastrophique dans laquelle se trouvent nos hôpitaux publics et c’est le moins qu’il puisse faire. Le reste dépendra de l’Etat. Le président de la république est conscient de l’état dans lequel se trouvent aujourd’hui tous les établissements publics de santé publique. Au cours de sa campagne électorale précédant son élection à la présidence il n’a cessé de critiquer la gestion et l’organisation de ceux-ci. Il a répété ses propos au lendemain même de son investiture. Régulièrement au cours des conseils des ministres qu’il préside il revient sur cette épineuse question. Le sujet est donc brulant d’actualité. Au cours de la conférence concernant le plan de relance économique et sociale, prévue les 16 et 17 aout prochains, la question de la réforme de l’organisation et de la gestion du secteur public de la santé sera au centre des débats. Nul doute à ce sujet. Il faudra par la suite des assises de la santé publique où seront conviés tous les opérateurs publics et privés ainsi que les partenaires sociaux. Il faut arriver à faire ce qu’ont fait dernièrement les français en organisant ce fameux SEGUR de la santé qui vient de concrétiser un accord relativement bon concernant la réforme de leur secteur public. L’idée semble faire son chemin ici en Algérie. L’essentiel est d’arriver à réaliser une réforme sérieuse,audacieuse et innovante permettant au secteur public de la santé de devenir performant et répondant aux préoccupations des citoyens surtout ceux qui ont de faibles revenus, leur permettant enfin de recevoir des soins de qualité que l’on trouve aujourd’hui dans les établissements privés qui font payer leurs prestations à des prix qui défient l’entendement et qui ne profitent qu’à une classe aisée de la population

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *