vendredi, décembre 3, 2021
ActualitésLe pays était géré d'une manière catastrophique

Le pays était géré d’une manière catastrophique

 

 

 

Par Djamel Saadi

L’Algérie connait un taux de croissance négatif de moins de 3,6%. Dans le langage économique on emploie le terme de récession ; Cela est du à la pandémie qui a stoppé tous les mécanismes de croissance du pays. Certes nous ne sommes pas le seul pays à plonger dans le cycle récessionniste. De nombreuses régions du monde sont confrontés à ce genre de situation et parmi elles il y a même des pays riches comme la France, l’Italie et l’Espagne. Sauf que ces pays font partie de l’union européenne qui vient de débloquer 750 milliards d’euros d’aides au redressement dont 380 milliards en subventions directes. Nous n’avons pas cette chance. Nous faisons partie d’un continent dont les pays restent isolés les uns des autres et dont les institutions continentales y compris financières n’ont jamais brillé par leur efficacité. Coté maghrébin et arabe c’est le chacun pour soi. Cela a d’ailleurs été toujours le cas sur tous les plans, aussi bien politique qu’économique. L’Algérie se retrouve donc seule face à de nombreux défis économiques et sociaux qui étaient déjà omniprésents pendant les deux dernières années qui ont précédé la fin du quatrième mandat de l’ex président de la république. Les finances publiques anarchiquement gérées au cours de cette période ont fondu comme neige au soleil et ont profité à une poignée de profiteurs sous l’œil bienveillant du pouvoir politique de l’époque.

Le changement politique opéré au sommet de celui-ci est intervenu trop tard.

Face à une gestion catastrophique dans tous les secteurs les mesures qui ont été prises lors des premiers conseils des ministres auraient pu opérer un relèvement salutaire du pays mais par malchance il y a eu d’abord la baisse des exportations de nos hydrocarbures qui a lourdement accentué le déficit commercial du pays puisque l’Algérie dépend d’ailleurs jusqu’à ce jour à hauteur de plus de 89% de la rente pétrolière et gazière. S’ensuivit ensuite la chute du prix du baril qui est descendu à un niveau jamais connu depuis les années quatre vingt. Mais tout cela n’est rien à coté de ce qui allait se passer vers la mi-février de cette année avec l’irruption soudaine de la pandémie du coronavirus. C’est le coup de grâce et nous en subissons de plus en plus les effets. La récession est devenue inévitable et rien ne pouvait l’arrêter. Elle s’est d’autant aggravée avec les mesures d’urgence sanitaire et sociale prises par l’Etat pour protéger la population du pays de cette terrible maladie mais également de la pauvreté et de possible disette. L’Algérie a cependant un atout, celui de son faible endettement. Notre pays fait partie de ces rares pays qui ne sont pratiquement pas endettés. C’est une carte non négligeable pour les pays étrangers qui veulent investir sachant ainsi que le pays ne connaitra pas un destin similaire au Liban ou même de la Tunisie qui a eu recours à la dette étrangère et qui ne cesse de le faire puisqu’elle demande au FMI de lui débloquer des crédits. Le Maroc aussi est en situation d’endettement causé par l’achat massif d’armement. En Algérie c’est surtout une question de relèvement par l’intérieur .Il n’ y a certes plus d’argent dans les caisses de l’Etat mais le pays dispose de ressources en interne qui exploitées intelligemment et avec rigueur pourraient devenir un levier de développement extraordinaire pouvant intéresser les opérateurs économiques nationaux et étrangers ayant des capacités financières d’investissement, donnant ainsi un coup de fouet à la croissance et la ramener pour un premier temps à zéro puis dans un deuxième temps la relever à plus d’1  et même plus . Cela est possible grâce d’abord à l’agriculture laquelle a connu une croissance de plus de 2% en période de confinement et qui pourrait augmenter celle-ci à 4 ou à 5 dans les mois et années à venir si une stratégie la concernant est mise en place dans les délais les plus brefs. L’agriculture algérienne qui inclut les zones sahariennes pourra non seulement sécuriser les besoins internes du pays en mettant fin aux importations mais également exporter l’excédent de sa production à l’étranger. Il y a aussi les ressources minières qui n’ont jamais été exploitées comme le fer, le zinc et le cobalt. Il ya des gisements importants qui sont dormants. Le temps est venu de les soumettre à extraction dont une partie sera exportée et l’autre transformée pour l’industrie lourde et celle dite de transformation.  Les investisseurs en dehors de l’Etat qui n’en a plus les moyens existent. Ils sont en face de nous. Une mer les sépare mais celle-ci n’est pas un préjudicede distance. Ces pays eux aussi éprouvés par la pandémie veulent se réindustrialiser pour échapper à la dépendance chinoise. Un pays comme l’Algérie leur donnera toutes les garanties qu’ils souhaitent en sauvegardant bien évidemment ses propres intérêts. Cecireprésentera pour eux une opportunité qu’ils ne trouveront pas ailleurs. C’est finalement cela qui permettra au pays de reprendre une économie à genoux pour la transformer en vecteur de croissance. Il faut juste y croire et surtoutse mettre au travail.

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