Malgré l’augmentation des contaminations,l’appel à renoncer au rituel de l’Aïd n’est pas suivi

 

 

Par Djamel Saadi

Dans les quartiers populaires les moutons de l’Aïd sont bien là. Des attroupements se font, particulièrement chez les adolescents, lesquels ne portent pas de masques et se touchent en continu. Pour le citoyen lambda, cela ne prête pas à conséquence C’est tout à fait le contraire pour un médecin ou un soigneur d’hôpital qui eux sont catégoriques en déclarant que ces jeunes que l’on voit ces derniers jours trainer leurs moutons, s’attrouper et se toucher sont pour la plupart des porteurs du covid en puissance. Ils ne le savent pas car ils sont asymptomatiques. Ils ignorent qu’en rentrant chez eux ou en contactant des personnes plus âgées ils deviennent des vecteurs exponentiels de contamination. C’est en fait cela qu’il faut redouter aujourd’hui à deux jours près de la fête du sacrifice. Pour le comité scientifique chargé du suivi de la pandémie auquel se sont adjoints cinq professeurs de médecine de renom. Il s’agit des professeurs et docteurs Khaled Bessaoud, épidémiologiste expert et ancien staff de l’OMS, de Sidi Allel Laouzani également épidémiologiste et ancien staff de l’organisation mondiale, de Leila Houti, épidémiologiste au CHU d’Oran, De Nouredine Zidoun, expert en pneumo-phtisiologie à Alger et de Mohamed Belhocine ; médecine interne et ancien staff de l’OMS. Pour eux le jour de l’Aïd El adha révèlera l’ampleur de la contamination car les gens, notamment ceux qui sacrifieront le mouton se relâcheront malgré toutes les recommandations émises. Il ne faut pas être dupe, estiment ces éminents médecins on ne croit pas du tout que ces citoyens porteront le masque avec cette chaleur étouffante et de surcroit lorsqu’il s’agit d’une action aussi compliquée de l’abattage de la bête. Quant à la distanciation physique il ne faut même pas y penser car elle n’aura pas lieu .Cette absence de distance d’un mètre donnera lieu à l’éjection en abondance de gouttelettes salivaires et de sueur, or c’est de là que se propage le virus. Ce n’est pas tout, soulignent ces épidémiologistes, le sang répandu du mouton égorgé s’écoulant sur le sol est un terrain idéal pour l’introduction du covid qui se propagera aussitôt dans l’air ambiant et touchera tous ceux qui sont présents à un ou deux mètres à la ronde. Les experts estiment qu’il ne sert strictement à rien de nettoyer les lieux une heure après l’abattage car la propagation est déjà entamée. Ces recommandations viennent trop tard car aucune autorité ne pourra interdire ceux qui ont acheté leur mouton de ne pas le sacrifier. On peut dire que le mal est déjà fait. Ce sera au cours de la semaine ou des dix jours qui suivront l’Aïd que l’on connaitra avec précision le nombre de contaminations. Pour les médecins il sera terrible. Selon eux il faudra s’attendre à une saturation des structures sanitaires du pays. La question qu’il faut ici soulever en toute objectivité consiste à dire : A qui la faute ? Une chose est sure, elle n’incombe pas aux instances officielles. Celles –ci ont fait leur boulot correctement. La communication quotidienne n’a pas fait défaut. Les appels incessants des médecins n’ont pas cessé. Alors pourquoi une partie des citoyens ne les a-t-elle pas suivis ? La réponse n’est pas difficile à trouver. Elle est même évidente. La cause de ce refus d’obtempérer impute aux autorités religieuses. Cette fatwa d’imams autorisant les gens à fêter l’Aïd et à ne pas surseoir au rituel du sacrifice du mouton a été une grossière erreur. Elle sera lourde de conséquences. Et dire que ces mêmes imams avaient même demandé dernièrement que l’on ouvre les mosquées. Quelle légèreté ! Heureusement que le gouvernement n’a pas accédé à leur doléance. Si cela avait été fait nous aurions assisté aujourd’hui à un nombre exponentiellement important de décès chez les personnes âgées et vulnérables.

 

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