’’Il ne faut pas lésiner sur la dépense lorsqu’il s’agit de la santé publique’’

 

 

Les laboratoires mondiaux se livrent une course effrénée pour trouver au plus vite le vaccin qui mettra fin à la pandémie du coronavirus avant la fin de l’année en cours. Certains laboratoires parlent même de le trouver cet automne. Selon des épidémiologistes de renom c’est aller vite en besogne car il faut réussir sans le moindre doute possible la troisième phase du vaccin qui sera testée sur l’homme. Tant que les résultats ne révèleront pas l’efficacité attendue, il y a un risque que le vaccin ne produise pas les effets attendus de lui et qu’il risque au contraire de développer des pathologies indésirables.

En ce qui concerne l’Algérie et sur instruction du président de la république la méthode qu’adoptera le gouvernement est claire. Il faut accélérer le contact avec les grands laboratoires mondiaux et se tenir prêt lorsque le vaccin commencera à êtrecommercialisé. Il ne faut pas lésiner sur la dépense lorsqu’il s’agit de la santé publique, tel est le message souligné par le chef de l’Etat. L’institut Pasteur, de son coté, se tient prêt mais conditionne l’acquisition du vaccin par un cahier des charges. Il ne s’agit pas selon le directeur général de l’Institut d’acheter un vaccin de moindre cout qui s’avèrera par la suite un fiasco. « On prendra le meilleur » a souligné ce responsable. Le ministre de la santé, quant à lui, a défini les priorités. Ceux qui seront vaccinés en premier ce seront ceux qui sont en première ligne. En un mot le personnel soignant des hôpitaux, les personnes ayant un âge dépassant les 65ans et toutes les personnes souffrant de maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension et l’obésité. Abderrahmane Benbouzid a ajouté que ce vaccin n’est pas obligatoire. Cela veut dire que ceux qui ne figurent pas dans la liste des personnes à vacciner obligatoirement et gratuitement pourront se faire vacciner en payant ce vaccin au juste prix. Il est évident que l’Etat n’a pas les moyens de vacciner gratuitement toute la population. Il faudra donc vivre avec le covid pour une période indéterminée. Seule la frange de la population la plus vulnérable aura accès à ce vaccin. Pour le professeur Yousfi, épidémiologiste et médecin chef à l’hôpital de Boufarik lorsque le vaccin sera acquis par le pays il ne concernera pas les personnes déjà infectées par le covid. Il sera inoculé uniquement à ceux et celles qui se révèleront négatifs après avoir subi le test PCR. Selon lui le vaccin qui sera trouvé n’est pas un remède contre le covid mais seulement une prévention. Il s’agit avant tout de stopper la pandémie en protégeant toute cette partie de la population saine, laquelle au contacte de personnes contaminées ne risquera pas d’être contaminée et sera préservé tout au long de la vie de toute contamination par ce type de virus. Ce qui veut dire clairement que cette partie de la population qui ne sera pas vaccinée devra pour longtemps se préserver en continuant à observer avec rigueur les mesures de distanciation physique et porter le masque pour réduire le plus grand nombre possible de contaminations et reproduire le cycle vicieux de la propagation du covid. Pour le Dr Berkani, membre du comité scientifique chargé de l’évolution de la pandémie en Algérie, la population doit faire preuve du maximum de vigilance les jours prochains car on ignore les effets de la fête de l’Aïd El Adha. Ces effets se révèleront après une période d’incubation variant de six à quinze jours. Pour le médecin il est plus qu’impératif de ne pas se relâcher et de continuer à observer les mesures barrière. De plus, ajoute cet épidémiologiste, le virus de la grippe saisonnière qui se manifeste toujours en automne pour se consolider en hiver rendra la situation sanitaire du pays plus compliquée que jamais car les symptômes initiaux de la grippe saisonnière sont identiques à ceux du covid au début de son incubation. Il sera extrêmement difficile aux personnels soignants de distinguer les patients atteints du covid de ceux qui le sont par la grippe. D’où insiste encore le Dr Berkani il faut  continuer de porter le masque, de se laver en permanence les mains avec du gel hydroalcoolique et de maintenir une distance d’un mètre entre toute personne. L’épidémiologiste avertit également du danger que représente toute accolade ou serrement des mains car la grippe saisonnière est aussi un terrain propice pour se propager grâce à de tels contacts.

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