Les liquidités manquent toujours et cruellement

Bien que le ministre des finances ait récemment déclaré que le problème du manque de liquidités au niveau des centres de paiement des chèques postaux et des distributeurs installés au niveau de toutes les agences postales est en voie de résolution et malgré l’instruction du président de la république consistant à mettre fin à ce phénomène, les queues de citoyens aux niveau des bureaux de poste continuent d’être aussi longues . Au bout de plusieurs heures d’attente on signifie à ces centaines de personnes attendant leur tour pour retirer leur argent qu’il n’y a plus d’argent et qu’ils doivent retourner le lendemain. Le jour suivant c’est le même scénario qui se répète inlassablement. Nous avons rencontré des retraités (hommes et femmes) qui n’ont toujours par perçu leurs pensions de retraite à cause de cette affluence de gens impressionnante. La plupart de ces retraités n’ont pas cette fameuse carte « Dahabya »et sont donc obligés d’aller se faire payer au guichet et c’est là où se situe leur calvaire. Les chanceux parmi les citoyens qui ont un compte CCP et qui disposent de cette carte se trouvent, la plupart du temps devant le fait accompli, les distributeurs sont également à sec. Ils se dirigent alors vers les distributeurs des banques. Ils trouvent certes de l’argent dans ces DAB mais pas plus de 30 000 dinars et là encore ils passent des heures à attendre pour pouvoir accéder à ces distributeurs car le nombre de personnes attendant leur tour dépasse l’entendement. Voilà comment vivent aujourd’hui la plupart de nos concitoyens qui n’ont jamais connu pareille situation. Nous les avons observés. La plupart d’entre eux sont sujets à une lassitude extrême qui en dit long sur leur état mental. D’autres n’en pouvant plus font exploser leur colère et leur fureur. Peut-on leur en vouloir ? Bien sur que non ! Car ce genre de situation inédite se déroule dans des pays sous état d’urgence ou se trouvant mêlés à une guerre ou à des conflits internes. Or ce n’est pas du tout le cas en Algérie où le pays vit une paix civile incontestable. Alors que se passe t-il pour qu’on soit arrivés à un tel stade de déliquescence ? S’agit –il d’une manifestation de cette bureaucratie tentaculaire et nauséabonde qui persiste et signe dans la continuité de ses méfaits ? Ou réellement l’Etat manque d’argent dans ses caisses à cause de la crise économique de grande ampleur qui s’est accentuée dans le pays au cours de ces trois derniers mois ? L’opinion publique a le droit de savoir avec la précision voulue les raisons de ce manque de liquidités qui perdure depuis un mois et demi déjà. Le gouvernement ne veut pas utiliser la planche à billets pour résoudre ce problème. Il a certes tout à fait raison de ne pas y recourir car il donnerait un coup de fouet à la récession déjà présente et ferait du dinar une monnaie de singe. Alors quelle autre solution le gouvernement pourra t-il adopter ? La seule qui a déjà un début d’entérinement concerne l’organisation du flux d’argent disponible. Celui-ci doit être étalé dans le temps. Autrement dit les salaires des fonctionnaires et les pensions de retraite ne doivent plus être versés en date fixe comme cela se faisait auparavant. Ils doivent être échelonnés tout au long du mois. Cela commence à être fait depuis le mois dernier et le gouvernement vient de donner l’ordre pour que cela se fasse au cours des mois à venir en espérant que les citoyens comprendront et qu’ils continuent de faire preuve de patience . Néanmoins le problème de la disposition des liquidités reste encore présent.

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