Une écriture commune n’est pas possible

Abdelmadjid Chikhi, directeur des archives nationales vient de s’exprimer sur la question mémorielle qui empoisonne encore les relations entre la France et l’Algérie. Malgré la bonne intention du président français de faire de son mieux pour arriver enfin à l’apaisement désiré par les deux pays il ya certains détails de procédure qui font encore obstacle. La désignation de Benjamin Stora par Emmanuel Macron de se mettre au travail concernant ce dossier de la mémoire lié à la période de colonisation a certes été saluée par le président algérien. Les deux chefs d’Etat ont une bonne appréciation de cet historien qui a toujours trouvé un équilibre dans ce qu’il a écrit sur son pays natal qui est l’Algérie. Cela ne suffit pas considère Abdelmadjid Chikhi qui sans remettre aucunement en cause l’intégrité de Benjamin Stora souligne qu’un partenariat est possible entre lui et Stora mais sans aller jusqu’à écrire une histoire commune de cette Algérie colonisée durant 132 ans. Les points de vues ne sont pas les mêmes et une telle écriture laissera de coté des pans entiers de cette histoire. Ce que l’Algérie ne veut résolument pas. Il y a des vérités qui doivent être dévoilées et Chikhi ne pense absolument pas que France officielle consente à aller aussi loin. Si une telle histoire remodelée s’écrivait les peuples des deux pays ne sauront jamais ce qui s’est réellement passé au cours de presque un siècle et demi de présence française sur la terre d’Algérie. D’ailleurs a ajouté Chikhi, Stora lui-même a décliné l’offre faite par les hautes autorités françaises de se prêter à ce jeu .Il y aura donc deux histoires, l’une algérienne, l’autre française. Pourtant Abdelmadjid Chikhi ne verse pas dans le pessimisme. Selon lui il peut exister des passerelles entre les points de vue exprimés entre les deux rives de la Méditerranée. On peut travailler sur celles-ci estime le directeur national des archives algériennes et trouver de quoi satisfaire les deux pays. Il cite l’exemple de la reconnaissance ders crimes commis par la France durant la colonisation. Cela ressemblerait à ce que Chirac avait fait en situant la responsabilité de l’Etat français dirigé à l’époque par Pétain sur la déportation des juifs français dans les camps de concentration nazis en demandant pardon au peuple algérien. C’est le minimum que pourrait faire la France de Macron et les Algériens pourront se satisfaire et tourner enfin la page.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *