Abdelaziz Rahabi  pointe du doigt le système judiciaire

L’ancien ministre, diplomate mais également politologue et conférencier met en cause le système judiciaire du pays. Il n’attaque pas directement l’institution judiciaire en tant que telle mais le système qui la régit de l’intérieur. Pour lui la constitution actuelle protège les libertés fondamentales mais les magistrats formés tout au long de ces dernières années ont une lecture figée du droit. Ils perpétuent, selon lui, les pratiques d’antan, celles d’une justice dépendante des pressions politiques exercées par les exécutifs. Rares sont les magistrats qui font un discernement entre le droit tel qu’il doit être appliqué, qui tient compte de la présomption d’innocence ,de la preuve tangible et non discutable et du bénéfice du doute qui donnent un coup d’arrêt à l’arbitraire. Rahabi cite en exemple certaines cours de justice du pays où les juges prononcent des non lieu  pour des accusés qui n’avaient pas à être présentés devant eux. Ces magistrats qui ont une lecture appropriée du droit pénal et qui refusent toute forme d’injonction ou de pression ne sont malheureusement pas nombreux. Selon Rahabi il reste beaucoup de cours de justice dans ce pays qui sont dirigés par des magistrats ayant un profil ancien et dont le mécanisme mental n’a pas évolué dans le temps. Ils restent donc prisonniers d’une lecture inappropriée du droit. Selon l’ex ministre la formation des magistrats est devenue impérative car sans une telle formation la nouvelle constitution qui sera mise en place probablement avant la fin de l’année en cours sera biaisée par des comportements persistants de magistrats qui n’appliqueront pas les nouvelles dispositions constitutionnelles qui accordent des droits sans précédent au justiciable surtout dans le domaine de la liberté d’expression et dans la présomption d’innocence. A quoi sert dit l’ancien ministre une constitution qui se fait un honneur de protéger les droits de l’homme et du citoyen et qui se proclame indépendante du pouvoir politique mais qui applique tout le contraire de ces principes inaliénables qui authentifie l’existence de celle-ci ? Pour rappel Abdelaziz Rahabi avait été reçu il y a deux mois par le président de la république. L’entrevue a duré deux heures et à sa sortie du palais présidentiel, l’exministre avait déclaré son entière satisfaction et a précisé qu’il avait été entendu par le chef de l’Etat, lequel lui avait donné toutes les assurances concernant les droits de l’homme et les libertésfondamentales. Il lui aurait dit que tout changera avec la prochaine constitution. Il faudra donc attendre son adoption et sa promulgation. La question qui reste toujours en suspens concerne le changement global du système judiciaire. Si cela est fait alors on pourra dire qu’un nouveau cap dans la préservation des libertés sera franchi et avec lui l’exercice plein et entier de la démocratie en Algérie.

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