ANEP-Des enquêtes administratives sont en cours

Larbi Ounoughi, le nouveau PDG de l’ANEP, installé à ce poste en avril dernier, dans un entretien accordé très récemment au journal arabophone « El Khabar »s’est livré à une attaque en règle contre certains patrons de la presse privée, estimant qu’ils ont très largement profité d’une manne financière estimée à des centaines de milliards de dinars. La plupart de ces patrons n’ont rien à voir avec la profession. Ils avaient souvent recours à des prête-noms pour disposer d’un agrément en bonne et due forme. La très grande majorité d’entre eux sont des hommes d’affaires, des entrepreneurs, promoteurs immobiliers et même des sportifs. En 2016 la cadence s’est accélérée et l’ANEP de l’époque, sur injonction des autorités exerçant le pouvoir; du plus haut sommet de l’Etat jusqu’aux partis politiques de la majorité dite présidentielle, il était accordé des pages entière de publicité institutionnelle. Le préjudice financier est énorme estime le nouveau PDG de l’ANEP. Ce dernier vient d’ordonner l’ouverture d’enquêtes concernant les journaux qui fonctionnent dans un total irrespect des règles normatives qui concernent l’activité de la presse écrite. Ces enquêtes seront menées alternativement par l’inspection générale des finances et la gendarmerie nationale. En effet sur les 270 titres de presse paraissant dans le pays, la plupart d’entre eux sont dirigés par des personnes n’ayant rien à voir avec le métier. Il faut donc mettre de l’ordre dans ces écuries d’Augias. Il n’est pas du tout normal que ceux qui exercent selon les règles le métier de diffuseur de la presse écrite se voient attribuer un quart de page de publicité publique alors que ceux qui exercent ailleurs une autre profession lucrative se voient accorder des pages entières de cette publicité, les enrichissant encore et davantage ,tout en bénéficiant de cette subvention de l’Etat . La question qu’il faut poser est celle-ci; Est-ce que ces enquêtes iront jusqu’au bout de leur mission ? Ou se contenteront–elles uniquement d’établir un simple diagnostic ? Lequel restera lettre morte si les sanctions à l’encontre de ces arnaqueurs de la presse privée ne sont pas appliquées et suivies immédiatement d’effets. On sait que durant la dernière décennie le clientélisme était une pratique courante. Les tenants du pouvoir ancien récompensaient ceux qui les encensaient en leur permettant d’accentuer leurs louanges grâce aux agréments octroyés par les ministères de la communication de l’époque. Agréments qui leur servaient d’engranger ces énormes dividendes servis par la publicité institutionnelle. Le temps semble venu de mettre un terme à cette gabegie effarante qui ne sert qu’à enrichir ceux qui n’en ont guère besoin alors que les vrais patrons de la presse privée , dont la plupart d’entre eux sont des journalistes avérés s’évertuent à faire leur travail d’information en voulant plus que toute autre considération être au service de l’opinion publique. Ceux-ci éprouvent aujourd’hui des difficultés financières visibles. C’est vers ces derniers que les placards publicitaires publics doivent aller.