L’obligation  de déclarer l’origine des versements d’argent auprès des banques

La mesure édictée dernièrement et imposée par le gouvernement aux banques publiques ou étrangères installées dans le pays d’exiger pour tout versement dépassant le million de dinars son origine par la justification légale de la provenance de sommes importantes d’argent a donné le tournis à tous ceux qui avaient pris l’habitude de verser des sommes calculées en dizaines, centaines, de millions dont certaines dépassent le milliard de dinars. Ces dépositaires sont plus nombreux qu’on le pense. Certes les banques ont par le passé allègrement profité de ces versements de sommes colossales en disposant de liquidités qui faisaient le plein de leurs coffres. Depuis l’introduction de cette mesure, les banques observent depuis quelque temps une diminution perceptible de dépôts. Les seuls qu’elles enregistrent proviennent d’opérateurs économiques travaillant légalement et dont la provenance de leurs versements est justifiée. Cela commence à inquiéter sérieusement  tous ces affairistes qui travaillent le plus souvent en marge de la réglementation, d’où cet arrêt brusque de leurs dépôts. Cela explique en partie mais seulement en partie ce manque de liquidités que l’on observe depuis quelque temps dans le pays. Liquidités en épuisement à cause également de cette effarante thésaurisation de fortunes dissimulées dans des caches connues par leurs seuls détenteurs. Tous ceux qui ne veulent pas déclarer leur argent pour échapper d’une part au fisc et d’autre part pour effectuer leurs transactions dans le secret le plus absolu sans être inquiétés sont eux-mêmes devenus des banquiers de l’ombre. Ils prêtent leur argent à ceux qui agissent comme eux et qui leur ressemblent. Ainsi des centaines de milliards circulent de main en main et alimentent le circuit informel que les tenants veulent perpétuer indéfiniment sauf que l’Etat est en train de leur préparer un coup qui les poussera de manière ou d’une autre à se dévoiler. Ce jour-là et comme par miracle les banques et la trésorerie publique regorgeront de liquidités permettant ainsi au dinar d’être évalué à sa juste valeur.

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