L’UGTA révise sa vision

Laabatcha, le nouveau secrétaire général de l’ex syndicat unique des travailleurs qui a assisté à la conférence nationale du plan de relance de l’économie est intervenu, en marge de celle-ci sur les ondes de la radio nationale. Il a livré ses impressions et a déclaré que ce qui est attendu pour le pays ne ressemble en rien à ce qui se faisait avant. Selon le leader syndical le plan en question n’est pas du replâtrage mais un levier de profondes réformes économiques. Curieusement le nouveau secrétaire général de l’UGTA  n’a pas parlé comme ses prédécesseurs le faisaient d’un alignement sans conditions sur ce que décide le gouvernement. Il livre ses propres idées et celles-ci ne se sont pas focalisées sur l’outil de travail et les intérêts des travailleurs. Il a sans doute compris que l’heure n’est pas à la revalorisation des salaires ou de la sauvegarde du patrimoine industriel de l’Etat. Finis donc la langue de bois et l’usage du discours démagogique. Cela n’a plus cours dans ce contexte très particulier où la majorité des entreprises économiques sont quasiment à l’arrêt et ne vivent qu’avec les aides de l’Etat. La nouvelle centrale syndicale a compris l’importance des enjeux présents et à venir. D’où ce revirement spectaculaire dans sa façon d’aborder les choses. Laabatcha a parlé quasiment en capitaliste lorsqu’il propose l’allègement de la fiscalité pour les opérateurs économiques qui éprouvent aujourd’hui de sérieuses difficultés de trésorerie. Il va plus loin en parlant d’allègement des charges et d’octrois de crédits pour tout investisseur porteur de projet créateur d’emplois et de richesses . On croirait entendre le chef d’un syndicat du patronat et finalement c’est la meilleure chose qui est arrivée à ce pays, longtemps manipulé par des discours se situant hors de la réalité du monde où nous vivons. Depuis des décennies l’ex syndicat unique abreuvait les travailleurs de ce pays d’un discours d’un autre temps, fustigeant  la propriété privée et qualifiant le secteur privé de bourgeois, ennemi de la classe ouvrière. Il a pourtant fallu du temps pour que ce discours qui avait pris fin après la chute du mur de Berlin prenne une autre direction mais celle-ci au lieu d’épouser la réalité d’un monde nouveau orienté vers une participation plus lucrative des travailleurs a au contraire tourné son regard vers l’oligarchie prédatrice. Aujourd’hui le climat a radicalement changé et cela Laabatcha l’a compris. Est –ce que les autres syndicats appartenant tous à la fonction publique suivront l’UGTA  dans sa nouvelle pensée syndicale ? Là aussi il y a beaucoup de progrès à faire car jusqu’à présent certains de ces syndicats parlent toujours de revalorisation de salaires alors que les caisses de l’Etat sont vides et pire encore ils exigent encore le retour à la retraite proportionnelle.

 

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