Tebboune « Il ne faut plus compter sur les hydrocarbures »

Lors de son intervention de mardi le président de la république s’adressant aux 300 participants à la conférence nationale portant sur le plan de relance économique a déclaré qu’il ne faut plus compter sur les hydrocarbures venant en aide à l’économie nationale. Dès à présent il faut se tourner résolument et sans perdre de temps vers les autres mécanismes de ressourcement de l’activité économique. Le chef de l’Etat a également exclu tout recours à l’endettement extérieur que ce soit du FMI ou de pays amis a-t-il souligné. Il faut donc comprendre par là que le pays est obligé de puiser exclusivement dans ses ressources internes. Tout ce qui peut apporter une valeur ajoutée doit être exploité. Le président a mis l’accent sur la fermeté de l’Etat à enrayer jusqu’à ses moindres recoins la bureaucratie pour permettre à tous les opérateurs économiques de lancer des projets innovants dans les secteurs clés de l’économie nationale. Le pays vise avant tout de valoriser tout ce qui existe dans le pays pour premièrement en faire profiter la population et d’’autre part se lancer dans l’exportation hors hydrocarbures qui n’a jamais été exploitée car le pays vivait exclusivement de la rente émanant des hydrocarbures a encore souligné le président de la république. Ajoutant qu’il faut rééquilibrer la balance commerciale et celle des paiements. Les  milliards de dollars que dispose aujourd’hui le pays seront parcimonieusement dépensés, soulignant qu’il  interdit désormais toute importation d’essence. Les raffineries qui existent en Algérie doivent tourner à plein régime. Ce discours du président est un discours de combat face aux défis multiples et majeurs que le paysdoit affronter dans l’immédiat. Sans citer le mot autarcie cela y ressemble. L’ère des importations de matières premières et d’équipements destinés à la transformation industrielle est  donc révolue. Il faudra faire avec ce qui existe. Cela suppose un savoir-faire évident que les entreprises n’ont jamais pris la peine de valoriser, se contentant d’importer alors qu’en réalité ils pouvaient fabriquer tout ce dont elles avaient besoin pour faire tourner leurs usines. C’est cela que veut le chef de l’Etat. En d’autre terme le compter sur soi. Avec les propositions qui sortiront de cette conférence de deux jours on saura davantage sur les réformes profondes qui toucheront tous les secteurs de l’activité économique nationale. Il est question de réformes structurelles importantes  qui concernent la gestion des entreprises, notamment celles qui appartiennent à la sphère publique. Une plus large autonomie de décisions leur seraaccordée pour sortir définitivement des schémas anciens qui les ont sclérosées. Dorénavant il est exigé de chaque EPE de dégager des profits sans bénéficier d’aucune aide de l’Etat. Toute entreprise qui  continue de ne pas être compétitive et rentable se verra sanctionner par les tribunaux de commerce. C’est la nouvelle donne. L’autre facteur important du changement qui attend les EPE concerne l’autorisation de fusionner entre elles en devenant des groupes industriels et de faire appel à des investisseurs privés nationaux ou étrangers qui pourront devenir actionnaires majoritaires puisque la règle 51/49% a été abrogée pour toute entreprise n’ayant pas un caractère stratégique. Ce plan de relance version 2020 né dans la douleur est le dernier espoir de l’Algérie. Il est condamné à réussir, faute de quoi c’est tout l’édifice économique du pays qui sera menacé de péril. Ce second semestre de cette année noire sera décisif.

 

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