Jijel – Des femmes fonctionnaires face au dilemme de la fermeture des crèches et leur devoir professionnel

La décision de fermeture des crèches ordonnée par les pouvoirs publics dans le cadre des mesures préventives pour parer à la propagation de la pandémie du covid-19 a mis en difficulté les parents ayant des enfants en bas âge. Une situation des plus délicates quand on sait que les femmes travailleuses notamment dans la fonction publique sont confrontées à une véritable gymnastique pour assurer leur obligation professionnelle ainsi que la prise en charge de leurs enfants en dépit de l’absence d’une solution réelle depuis la levée du confinement. Les plus chanceuses d’entre elles ont dû confier leurs enfants à leurs parents, beaux-parents ou d’autres membres de leurs familles dont les relations sont plus souples en attendant des jours meilleurs. Certaines ont carrément sollicité leurs voisines de quartier en contrepartie d’une somme d’argent, prenant ainsi le risque de contaminer leurs enfants au coronavirus notamment avec l’ouverture des plages et le retour à la vie normale. «Après l’expiration de mon congé exceptionnel, on s’est confronté à l’obligation de trouver une solution par nous-mêmes, on n’a pas vraiment le choix» dira une jeune mère de famille. D’autres femmes fonctionnaires ont été prises entre le marteau de leur employeur et l’enclume de l’absence totale d’une solution. «Je me suis retrouvé face à une situation inconfortable ce qui m’a poussé à prendre mon congé annuel suivi de plusieurs arrêts de travail, je préfère être privée de mon salaire que de sacrifier mes enfants» dira une employée de l’administration du secteur de la santé. En effet, cette mère de trois enfants âgés entre 01 an et 05 ans nous a fait savoir que le secteur de la santé n’est pas concerné par l’application du décret exécutif signé par le premier ministre Abdelaziz Djerrad vu la conjoncture et le besoin permanent en personnel médical et paramédical. Cependant une note du ministère de la santé datée le 31 mars 2020, précise clairement que les femmes élevant des enfants ou soufrant de maladie chronique ouvrent droit au congé exceptionnel. Les interrogations se sont multipliées au sein du personnel médical. La note a été mal interprétée ou a été tout simplement ignorée ? s’interroge-t-on. En tout cas certaines structures sanitaires à Jijel n’ont pas hésité à l’appliquer vu la clarté du contenu, tandis que d’autres responsables ont carrément refusé de s’en référer pour les mêmes raisons. Par ailleurs, nous apprendrons qu’après le décès du Dr WafaBoudissa jeune femme médecin enceinte de 08 mois des suites du covid-19, suivi du limogeage du directeur de l’hôpital de Bordj Bou Arréridj, bon nombre de femmes enceinte au 3e trimestre appartenant au corps médical, paramédical et administratif à Jijel ont bénéficié d’un congé exceptionnel. Il faut dire que le problème est loin d’être résolu quand on sait que la réouverture des crèches et des garderies peut encore être reportée ce qui va obliger les enseignants des différents cycles scolaire à rejoindre la galère.

Ramdane. S

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