Une révolution dans le code de la famille

Ce qui était perçu comme impensable est devenu possible. Signe d’un changement des mentalités et du comportement. Désormais il est juridiquement légal, dans le cas d’une adoption d’un enfant né d’un père inconnu, de donner son propre nom patronymique à celui-ci. Cela prouve aussi que la nouvelle Algérie que le président actuel veut construire ne ressemblera plus à ce pays dont la législation concernant le statut personnel était en inadéquation  avec l’évolution de la société. En effet jusqu’à cette décision que vient de prendre le gouvernement et qui a été annoncée par le premier ministre en personne, des dizaines de milliers d’enfants nés selon l’expression juridique sous x , c’est-à-dire de père inconnu sont ou bien placés dans des orphelinats,attendant d’être adoptés par une âme charitable et si ce n’est pas le cas attendront jusqu’à l’âge de leur majorité (18 ans) pour quitter l’établissement où ils ont grandi pour se lancer dans la vie active, sans tuteur ni protection familiale d’aucune sorte. Une véritable tragédie vécue par ces citoyens algériens qui  bénéficient d’un état-civil considéré comme honteux par la société dans laquelle ils vivent, laquelle le plus souvent voit d’un mauvais œil ces jeunes gens dont la seule faute, si on peut qualifier de faute le fait de naitre de père inconnu. A cause de cette anomalie due à une lecture restrictive de la législation coranique qui interdit certes l’adoption d’un enfant né de parents connus qui seraient morts le laissant en bas âge . La procédure de la « Kafala »est alors appliquée pour celui qui veut adopter un tel enfant. Ce dernier est considéré comme étant un fils ou une fille adopté(e) et n’a pas droit aux droits de succession sauf si le père avant sa mort lui lègue une part des biens dont il est le propriétaire. Cette forme d’adoption couchée par écrit dans la Charia ne concerne pas les enfants nés de père inconnu et dont la mère par peur d’un scandale le dépose quelque part dans l’espoir qu’il soit recueilli. Il y a donc visiblement un vide juridique que beaucoup de pays islamiques n’ont pas comblé jusqu’à ce jour. L’Algérie faisait partie de ces pays musulmans qui n’osent toujours pas franchir le pas en mettant un terme à cette incohérence juridique qui a fait souffrir  une partie des jeunes de ce pays qui considèrent que leur avenir est brisé. En corrigeant cette erreur inadmissible dans un pays qui aspire à l’égalité des chances pour tous ses citoyens sans distinction aucune et qui fait des droits humains sa priorité absolue l’Etat dirigé aujourd’hui par des esprits éclairés met fin à cet ostracisme qui régnait dans le pays depuis des années. Le texte, sous forme de décret, qui sera prochainement  promulgué dans le journal officiel définit dans tous ses détails la procédure d’adoption avec l’octroi de nom patronymique du père adoptif. Ainsi si l’enfant né de père inconnu a une mère identifiée par les services sociaux, celle-ci doit donner son accord à ses nouveaux parents ; Cet accord ne signifie pas l’abandon car pour la loi c’est la mère biologique de cet enfant et elle peut prévaloir au droit de visite de son fils ou sa fille abandonné par elle. Par contre l’enfant portera le nom de son père adoptif. Voila qui est suffisamment clair et surtout clément pour ces nombreuses mamans qui sont obligées d’abandonner après les avoir mis au monde le fruit de leurs entrailles . Cette tragédie longtemps existante dans notre pays vient donc de prendre fin et c’est un immense espoir pour tous ces nouveaux nés mis au monde dans des circonstances malheureuses et dont ils sont innocents. Ce décret est déjà critiquéparle milieu ultraconservateur dont l’état d’esprit n’a pas évolué depuis des siècles mais l’Etat républicain de cette Algérie nouvelle qui est en train de s’édifier n’en a cure.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *