Pourquoi  y a-t-il autant de retraits d’argent ?

Ya-t-il réellement un manque de liquidités au niveau des chèques postaux pour que l’on assiste depuis deux mois à cette déferlante humaine qui stationne du samedi à jeudi devant les bureaux de poste ? Ou bien est-ce une sorte de paranoïa contagieuse qui s’est emparée des gens s’affolant et voulant, coute que coute retirer leur argent. En fait il y a les deux. Il est vrai qu’il y a eu au départ un manque de liquidités mais depuis il y a eu un effort considérable qui a été fait grâce à l’intervention énergique du président de la république qui s’est indigné de cet état de fait et qui a donné des instructions fermes à ce sujet. Le fait est que les longues files d’attente continuent et augmentent de jour en jour. Une enquête sur le terrain nous a permis d’en savoir un peu plus sur ce phénomène. En premier lieu il ya l’organisation mise en place par la poste dans le cadre de la protection sanitaire pour éviter les contaminations par le covid. Des agents placés à l’entrée font entrer une personne à la fois, attendant que ceux qui sont à l’intérieur  en sortent. Cela prend des minutes (entre cinq et dix). Chrono en main on a compté tout au plus douze personnes ayant perçu leur argent en l’espace d’une heure. Dehors il ya des centaines qui attendent leur tour, séparés entre femmes et hommes. Nous parlons là des gens qui n’ont pas de carte magnétique. Ceux qui en ont une prennent un peu moins de temps si le distributeur ne bloque pas, ce qui arrive fréquemment. C’est une première explication  concernant l’amplification des files d’attente mais il ne faut pas exclure l’autre, celle du manque de liquidités à cause du volume d’argent demandé. En fait c’est le nombre considérable de retraits qui complique l’équation. C’est comme si tous les titulaires de comptes CCP se sont donnés le mot pour retirer en même temps leur argent. C’est un stress financier sans précédent dans l’histoire de l’Algérie indépendante. Cela ressemble à un état de guerre ou de faillite  or ce n’est nullement le cas. Coté banque centrale on assure mais pour combien de temps car si ce phénomène perdure la situation deviendra plus compliquée que jamais, d’autant  que la rentrée scolaire c’est pour bientôt et les dépenses de scolarisation  vont  encore augmenter le nombre de retraits. Il faut impérativement songer à des solutions alternatives comme par exemple le paiement des fonctionnaires dans leurs lieux de travail. Ils sont cinq millions et ce sont eux qui forment le plus gros des files d’attente. Une telle opération demande une réorganisation temporaire  du circuit de distribution d’argent. A part cela il n’y a aucune autre solution pouvant alléger le dispositif actuel qui fonctionnait très bien jusqu’à ce que la pandémie bouleverse tout.

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