A quoi joue Ali Benouari ?

L’ex ministre des finances, Ali Benouari, se fait le porte voix de ceux qui estiment que l’Algérie doit recourir à l’endettement extérieur. Il persiste et signe en déclarant, encore une fois que cet endettement permettrait aux finances publiques de souffler et de ne plus se battre sur tous les fronts,comme elles le font actuellement. Son analyse est pertinente mais est risquée dans le contexte actuel. L’enjeu de l’endettement extérieur est une arme à double tranchant. Quand une économie se porte bien tout pays peut se permettre le luxe de s’endetter à un faible taux d’intérêt. La France le fait régulièrement et les préteurs ont confiance en l’économie de ce pays. Cela aurait été possible à l’Algérie dans une période où le cours du baril de pétrole dépassait les cent dollars avec une monnaie américaine très forte. Ce n’est plus le cas depuis les cinq dernières années où la rente pétrolière et gazière était gaspillée sans aucune retenue. Dans le contexte actuel avec la crise économique provoquée par la pandémie  qui a touché les pays les plus riches de la planète, recourir à l’endettement extérieur est une folie pure. Le président de la république le sait d’où son refus d’adhérer à une telle option. Tant que le pays ne renoue pas avec la croissance et tant que les exportations d’hydrocarbures restent précaires, une telle idée est irrecevable. Alors pourquoi Ali Benouari  insiste t-il sur ce sujet ? A-t-il été contacté par un lobby de bailleurs de fonds étrangers souvent intéressés par des pays en difficulté économique et financière pour placer leurs pions et s’accaparer par la suite , au cas de non respect d’échéances de paiement , de larges pans de l’économie nationale , allant jusqu’aux infrastructures névralgiques du pays, comme cela s’est produit en Grèce qui a connu un surendettement sans précédent ou comme le Liban en faillite dont les prédateurs de la finance s’apprêtent à le dépouiller complètement . Si l’Algérie s’amusait à se faire prêter de l’argent par le FMI, la BAD ou quelques pays amis comme cela a été préconisé par des experts économiques nationaux elle n’en sortirait pas et sous la pression de ces bailleurs de fond elle finira par concéder ce qu’elle  a toujours refusé de céder en termes de souveraineté économique. Certes ce que vit actuellement le pays est dramatique en termes de financement de projets porteurs de croissance mais le président de la république a fait le pari du développement de toutes les ressources internes que compte le pays. Celles-ci ont de tout temps été négligées par le pouvoir politique précédent qui s’appuyait exclusivement sur la rente que procuraient les hydrocarbures. Tebboune veut que le pays se réveille et se prenne en charge avec les moyens dont il dispose et ceux-ci bien gérés et judicieusement exploités peuvent, non seulement palier à la rente mais dégager des profits pouvant d’abord alléger la dette publique qui avoisine aujourd’hui 18% du PIB et ensuite distribuer l’excédent vers des projets innovants tournés vers une forme d’économie qui se détournera totalement de toute forme de gaspillage . Ce pari du futur c’’est maintenant qu’il doit démarrer mais sans recours à toute forme d’endettement  extérieur.

 

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