Une menace qu’il faut prendre au sérieux

SabriBoukadoum, depuis Ankara où il se trouvait, a déclaré que la situation au Sahel est plus que préoccupante pour les pays du Maghreb dont l’Algérie qui partage de longues frontières avec ces pays subsahariens. Notre ministre des affaires étrangères est un homme mesuré et n’a jamais prononcé des paroles en l’air. S’il a dit cela c’est que la menace est sérieuse. En effet les populations sahéliennes qui vivent non loin des frontières du nord de l’Afrique sont livrées à elles-mêmes et vivent avec une peur constante de la famine d’abord et des pressions exercées sur elles par toutes sortes de groupes armés qui ont investi des régions entières non loin des zones frontalières du nord qui vont de la Mauritanie au Tchad. Avec ce qui se passe depuis des années en Libye n’arrange pas les choses. En fait le Sahel est devenu une zone tribale semblable à celle qui existait entre le Pakistan et l’Afghanistan. L’exode des populations du Burkina Fasso, du Niger et à présent du Mali va connaitre les prochains mois une cadence soutenue. Nous en avons un aperçu ces derniers temps en Algérie où pourtant le phénomène migratoire que nous connaissions s’était arrêté. Il vient de reprendre. Faut–il ramener ces migrants africains aux frontières de leurs pays respectifs comme nous le faisions auparavant ? La réponse est aux mains des autorités algériennes et celle-ci n’est pas facile surtout depuis les derniers évènements survenus au Mali. Il y a d’abord la question humanitaire qui empêche toute brutalité dans les décisions à prendre et il y a aussi celle de la prise en charge de ces migrants qui exige une logistique importante. Or avec la crise sanitaire qui demande un maximum de précautions à prendre, la complication fera jour. En attendant nous constatons une arrivée cadencée de ces migrants qui viennent du Niger, du Burkina Fasso et bientôt du Mali. Si on ne fait rien le flux des migrants deviendra massif et cela n’arrange nullement l’Algérie qui est avec le Maroc un des deux pays les plus visés par ces populations africaines. Si en ce qui concerne le Maroc les migrants ne comptent pas s’installer dans ce pays car ils considèrent que c’est l’unique passage vers l’Europe, en ce qui concerne l’Algérie c’est un autre objectif qu’ont ces migrants. Ils veulent s’installer car il ne s’agit pas d’exilés exclusivement masculins comme c’est le cas pour le Maroc, mais des familles avec femmes et enfants. Il est évident que notre pays qui affronte la plus grave crise économique de son histoire ne peut répondre à ces demandeurs d’asile de plus en plus nombreux. Il n’est pas question non plus de les interner dans des camps comme le font actuellement les pays européens de la rive nord de la Méditerranée. Notre manière de penser et nos traditions d’hospitalité dont l’Islam est le socle nous empêchent de recourir à ce genre de procédé. Pourtant il faut trouver impérativement une solution à cette tragédie et cette solution est africaine avant tout car ces pays de l’ouest de ce continent ne se sont jamais préoccupés de leurs peuples. Les classes dirigeantes qui ont de tout temps été inféodées à l’ex puissance coloniale sont pour la plupart d’entre elles corrompues. Ces régimes sont devenus la plaie de cette partie de l’Afrique et ils ont toujours été responsables de la détresse de leurs populations. Que fait la CEDAO cette organisation des pays africains de l’ouest qui se prétend fédérative mais qui en réalité n’a jusqu’à présentpas pris les mesures phares, de celles qu’attendent les peuples de cette partie de l’Afrique et qui concernent avant tout le développement économique, l’éducation et la santé. Or nous en sommes très loin.

 

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