Liberté de la presse – Quel sort lui est réservé dans la nouvelle constitution ?

Les professionnels de la presse écrite et audio-visuelle attendent avec une impatience fébrile le contenu des articles de cette loi fondamentale concernant la liberté de la presse. Sera-t-elle plus étendue qu’elle ne l’est aujourd’hui où des interprétations abusives, à cause d’un vide juridique sciemment entretenu sont légion. Selon ce qu’ont laissé entendre les experts qui ont pris en charge le texte remanié de la constitution les journalistes auront plus d’espace de liberté de s’exprimer qu’auparavant. Si c’est le cas tout le monde s’en réjouira sauf si quelque annexe de l’article en question inscrit quelque condition sibylline du genre qu’il est interdit  de diffamer des personnes sans en apporter la preuve de ce qui leur est reproché ou bien de vérifier la source de l’information avant de la divulguer . Ce genre de conditions s’assimile à un verrouillage en bonne et due forme car si un journaliste est poursuivi pour avoir écrit sous une forme analytique un sujet brulant d’actualité dont les réseaux sociaux se sont emparés et largement diffusé cela ressemble à une entrave de la liberté de la presse. C’est ce type de détails que les journalistes craignent par-dessus tout. En effet à quoi sert une presse qui lors de ses investigations pour rapporter une information crédible se voit refuser l’accès à cette information ? Tant de fois des journalistes consciencieux de leur métier se sont vus en face d’un mur de silence du côté des autorités ciblées par des informations circulant librement dans l’opinion publique et auxquelles les correspondants de la presse se voient refuser l’accès. Seront –ils obligés de ne rien écrire sur le sujet laissant les réseaux sociaux s’emballer et diffuser des informations tendancieuses qui ne reflètent en rien la vérité. Ce genre de précisions les journalistes les attendent .Leurs appréhensions seront –elles entendues et prises en compte dans cette nouvelle loi fondamentale, laquelle ne cesse-t-on d’assurer qu’elles consacreront toutes les libertés fondamentales. Or la presse est la porte-parole de ces libertés. Sans une presse libre de quelle liberté parle-t-on ? Certes il n’est pas demandé à ceux qui dirigent le pays d‘aller aussi loin que la constitution américaine dont le premier amendement fait de la presse aux Etats-Unis le quatrième pouvoir où la liberté d’écrire n’est pas pénalisée même si l’article est jugé tendancieux ou touchant une citadelle institutionnelle ou des intérêts particuliers. En Algérie ce ne sera jamais le cas et les gens de la presse écrite et télévisée l’ont bien compris .Ils ont déjà fait leur deuil de cet idéal démocratique concrétisé depuis quelques années par la plupart des pays occidentaux. Une ligne médiane, c’est ce que demandent humblement les journalistes qui exercent un des plus nobles métiers du monde rabaissé hélas ! À une profession de colportage d’informations officielles sans critique ni point de vue. Les gens qui exercent la profession de journalistes veulent effectuer des reportages, être entendus quand ils le réclament par ceux qui sont visés dans leurs articles ou commentaires audio-visuels. C’est leur droit et ce droit doit être clairement inscrit dans le nouveau code de l’information une fois la constitution remaniée adoptée. Il y a aussi le fait que l’information vérifiée et clairement établie ne doit pas être un simple rapport écrit mais doit être accompagnée d’une analyse pertinente faite par l’auteur de l’écrit qui a tout à fait le droit d’exprimer son point de vue,donnant ainsi à l’écrit sa forme de débat où la contradiction a largement sa place .Si la nouvelle constitution permet tout cela et si la nouvelle loi de l’information le confirme alors on pourra dire que l’Algérie aura fait un grand pas dans sa démarche d’une presse libre et sans contrainte d’aucune sorte. Enfin ce qui est le plus attendu par les professionnels de la presse c’est de mettre fin à toute forme d’emprisonnement des journalistes quelle que soit la faute commise ou supposée l’être dans leurs écrits ou leur expression verbale lorsqu’il s’agit d’un débat télévisé. Cette épée de Damoclès doit totalement disparaitre. Il est en effet inutile de présenter un journaliste devant un juge alors que l’Etat a les moyens de sanctionner tout journal récalcitrant en le privant de la publicité institutionnelle qui fait vivre et fonctionner les journaux. Lorsque le texte du projet de la constitution sera rendu public à travers une large diffusion les gens de ce métier sauront avec exactitude s’il y a changement ou si les choses resteront en l’état.

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