Un pôle spécialisé est créé pour la lutte contre les infractions économiques 

Il manquait à l’appareil judiciaire du pays un instrument spécifique chargé de définir avec la précision juridico-financière voulue toutes les affaires de corruption, dedétournement, de trafic d’influence, de délit d’initié, d’appropriation de biens immobiliers ou de terrains contraire à la législation en vigueur. La décision de créer un pole pénal financier spécialisé était attendue depuis longtemps mais a toujours été différée. Plus maintenant. L’ordonnance portant institution d’un tel organisme relevant de la justice vient d’être promulguée et est parue au journal officiel. Ce pole juridico-financier est rattaché à la cour d’Alger mais a une compétence juridictionnelle qui touche l’ensemble du territoire national. Cette juridiction est dirigée par un procureur qui dépend hiérarchiquement du procureur général d’Alger. Un ou plusieurs juges d’instruction spécialement formés dans les affaires financières instruiront les affaires qui atterriront sur leur bureau. C’est néanmoins le procureur en tête de ce pole qui ordonnera les enquêtes qui seront confiées à la police judiciaire et à la gendarmerie nationale. En outre cet organisme dispose de prérogatives larges allant de la recherche, l’investigation, la poursuite, l’instruction et enfin le procès à l’issue duquel un jugement sera rendu. Jusqu’ici les affaires de corruption, de détournement et de toutes sortes de crimes économiques ont toujours été traitées dans des tribunaux ordinaires et bien souvent les procès concernant de tels crimes qui relèvent certes du pénal ne sont pas bien maîtrisés. Divers vices de procédure et de forme les ont parsemés au grand dam des avocats de la défense lesquels pour une grande partie d’entre eux ne maîtrisent pas à fond les affaires économiques délictueuses reprochées à leurs clients. Cela exigera à l’avenir la présence d’avocats maitrisants parfaitement tout ce qui concerne les infractions et les crimes économiques. Etre uniquement un pénaliste ne suffira pas, il faut en plus connaitre parfaitement les procédures juridiques qui régissent le monde de l’économie et des affaires. Nous sommes aujourd’hui à un tournant décisif de la vie économique du pays. Le plan de relance qui a été adopté au cours de la conférence du 18et 19 aout derniers et que le gouvernement est en train de mettre en place exige une rigueur et une transparence exemplaires. Il ne doit pas être entaché d’affaires de corruption, de détournement, de blanchiment d’argent sale ou de trafic d’influence. C’est à présent au pole pénal financier de séparer le bon grain de l’ivraie. Il aura cette lourde tache premièrement de reprendre à son actif toutes les affaires ayant un caractère de crime économique qui n’ont pas encore été jugées et celles qui sont encore sous le coup d’enquêtes judiciaires. Ainsi l’affaire concernant l’ex ministre de la justice et garde des sceaux, Tayeb Louh qui est encore au stade d’investigation sera vraisemblablement transférée à la compétence de ce pole. D’autres dossiers que nous ne connaissons pas et qui sont probablement sous le coup d’enquêtes initiées précédemment ou en voie de l’être seront traitées par cette nouvelle juridiction pénale. A présent que l’arsenal juridique est complet le pays commence enfin à voir le bout du tunnel. Ainsi avec la nouvelle constitution qui verra le jour après le 1ER novembre prochain l’Algérie pourra enfin proclamer à la face du monde que c’est un Etat de droit, tel qu’il existe dans les démocraties occidentales.

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