Quel sort pour ‘’les 100 locaux par commune’’ inoccupés et détournés de leur vocation ?

Les locaux à caractère professionnel et artisanal, appelés à l’époque du mandat de Abdelaziz Bouteflika, exactement en 2005, les « 100 locaux du Président de la République », devaient mériter une attention particulière de la part des pouvoirs publics. Destinés initialement aux bénéficiaires de projets dans le cadre de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes ‘’ANSEJ’’, la Caisse nationale d’assurance contre le chômage ‘’CNAC’’, et l’Agence de gestion du micro-crédit ‘’ANGEM’’, les locaux à caractère professionnel et artisanal, comme leur nom l’indique, devaient sourire aux artisans. Le malheur, c’est que, parfois, les locaux se sont vus attribues des itinéraires aussi divers qu’inattendus. Ils sont au total plus de 100 000 locaux, parmi eux une partie qui a été détournée de sa mission, et dont les commissions d’attribution communales devront se pencher pour régler les anomalies qui les caractérisent. Et ce, avant tout recours au niveau de la commission d’attribution de la wilaya (celle de la daïra n’existant plus). Parmi les anomalies, nous citerons le fait que beaucoup de locaux sont fermés. Il y en a qui ont vu leurs portes-rideaux rouillés du fait de leur inutilisation par leurs bénéficiaires, exerçant dans les institutions publiques et administratives. D’autres sont devenus un fief des pigeons, des rats et autres espèces animales aimant remplir le vide de la nature. Alors qu’une troisième catégorie de locaux, a été complètement squattée par des bandes en y faisant un endroit pour beuverie, débauche et même vente de moutons lors de la période précédant l’Aid El Adha.  Ce phénomène de vocation détournée est encore plus prégnant dans les régions déshéritées où le contrôle est défaillant, pour ne pas dire inexistant. Les artisans de ces régions, à l’instar d’autres du milieu urbain, déplorent leur exclusion des précédentes attributions au profit de candidats jugés comme éligibles. Le hic, c’est que leurs dénonciations n’ont pas le sens de l’écoute attendu. Les pouvoirs publics ayant apparemment d’autres actions citoyennes d’utilité publique à initier ! Et pas seulement en milieu rural. Car le milieu urbain même en est affecté, et aussi par le problème des sous-locations. Des bénéficiaires ont carrément loué leurs locaux pour des tierces personnes. Ces dernières en ont fait des fast-foods, des épiceries d’alimentation générale et de vente de fruits et de légumes, soit des commerces où l’innovation et la production y sont absentes. En tous les cas pas du tout de ce qui est attendu des locaux à caractère professionnel.

Inaccessibilité et inopportunité !

Une autre anomalie des locaux, c’est leur réalisation dans des endroits inaccessibles ou devant être dédiés à une autre activité. Pour l’exemple : Récemment, lors d’une sortie médiatique organisée par la cellule de Communication à la daïra de Ben Azzouz, wilaya de Skikda, nous avons été apostrophés par des citoyens de la localité de Lazreg, commune de La Marsa. Ils dénonçaient la situation de 10 locaux construits en 2008 dans le cadre du ‘’Programme du président de la République Abdelaziz Bouteflika’’ et distribués à des artisans, mais qui n’ont jamais été occupés ! Mieux, la caractéristique agricole de la région devait prédestiner ces locaux à des agriculteurs. Ou de transformer ces locaux en salles de soins dont en est dépourvue cette localité. Dans le même cadre, les 17 locaux de La Marsa (chef-lieu de commune), ou même attribués, en 2018, n’ont jamais été fonctionnels. Le projet a coûté à l’Etat 30 millions de DA (3 milliards de cts). Une demande de la part de l’APC de le transformer en un centre commercial a, pour le moment, été rejetée. « Un centre commercial permettra au moins à l’APC de louer les locaux et d’avoir des rentrées d’argent. », a tenu à préciser le premier vice-président de l’APC. Ces deux exemples sont légion à travers le territoire national. Il est, donc, urgent que les hautes autorités de l’Etat, en cas d’échec des commissions de wilayas, et partant, de celui des walis, de prendre en charge ce dossier, car c’en est une ressource pour beaucoup de familles.

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