L’Algérie manquera-t-elle d’eau d’ici 10 à 15 ans?

Selon Brahim Mahouche, professeur à l’Ecole nationale supérieure d’agronomie (ENSA), intervenant hier à la radio nationale, l’Algérie subira un stress hydrique de grande ampleur. Le pays manquera d’eau d’ici dix à quinze ans, a-t-il souligné. Selon lui toutes les statistiques et prévisions démontrent la raréfaction des ressources en eau au cours de cette échéance. Ce n’est pas un scénario catastrophe prévient le professeur mais une perspective sérieuse démontrée par un algorithme. N’oublions pas a dit M.Mahouche que 87% du territoire nationale sont constitués de zones steppiques et désertiques. De plus, a ajouté l’intervenant nous enregistrons depuis ces dernières années un déficit en pluviométrie. Cette année par exemple nous avons enregistré un déficit estimé à 45%. Certes, souligne ce dernier, il ya des fortes averses de pluies orageuses soudaines dans leurs précipitations mais celles-ci n’alimentent pas suffisamment la nappe phréatique. Elles sont vite asséchées car le soleil revenant aussitôt les empêche de s’imprégner au niveau des sols.  , Selon lui, si les autorités n’interviennent pas dès maintenant en mettant en place une vrai politique de l’eau et une stratégie efficiente des ressources hydriques, les Algériens connaitront la soif dans un avenir proche. Il y a des solutions pour garantir à la population de ce pays l’accès à l’eau pour leur usage domestique mais également pour l’agriculture, car l’une ne va pas sans l’autre. D’après ce professeur il faut dès à présent installer sur de nombreux endroits du littoral des stations de dessalement avec des prolongements à l’intérieur du pays du genre canaux ou tubes enterrés ou apparents à l’intérieur des terres, aussi loin que possible. Les autres solutions consistent à entretenir les réseaux de distribution existants qui sont actuellement en mauvais état et en construire de nouveaux pour les zones éloignées. C’est également le cas des stations d’épuration de l’eau. Elles sont actuellement en nombre insuffisant  Il faut en plus économiser l’eau car il y a actuellement un gaspillage énorme au niveau des entreprises chargées de la distribution de l’eau qui enregistrent continuellement des fuites importantes dont elles mettent le plus souvent un temps considérable à réparer. Il y a également un gaspillage constant des consommateurs d’eau courante qui lavent leurs voitures au quotidien et qui nettoient en déversant des milliers de litres vainement. Ce genre de comportement doit à l’avenir être sanctionné sans état d’âme. En ce qui concerne l’agriculture grande consommatrice, si ce n’est la principale d’eau, la solution est, semble-t-il, toute indiquée, c’est celle du recyclage des eaux usées. Pourquoi celles-ci partent continuellement dans les égouts alors qu’il existe aujourd’hui des stations de recyclage de ce type d’eau. Un très grand nombre de pays à vocation agricole ont opté pour une telle solution. Ce n’est toujours pas le cas chez nous. Il faut dès à présent songer à construire en nombre suffisant ce genre de stations qui permettront aux agriculteurs, aux céréaliers et aux éleveurs d’atteindre une autosuffisance hydrique. Pour le long terme ou plutôt le très long terme il existe la solution très coûteuse et exigeant une technologie de pointe, celle de prélever du sous-sol saharien qui regorge d’eau, une véritable mer intérieure selon les satellites d’observation, des quantités considérables et pour de nombreuses années. Mais une telle solution relève d’un projet pharaonique qui exige des ressources financières considérables. Un tel projet ne pourra exister que dans une cinquantaine d’années, lorsque le pays atteindra un niveau de développement identique à celui de la France de nos jours.

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