L’avenir de l’industrie à Annaba se dessine à travers  El-Hadjar, Cital et Ferrovial

La Wilaya d’Annaba et ce qu’elle recèle comme potentiel industriel depuis des décennies semble être au centre de l’intérêt des pouvoirs publics dans la période actuelle. En témoigne la visite d’inspection et de travail effectuée par le ministre de l’industrie M. Ferhat Ait Ali Braham pendant deux jours le lundi et mardi derniers, revenant sur ses pas au Complexe d’El Hadjar qu’il a visité déjà au mois de juillet passé et étendant ,cette fois-ci, son intérêt de responsable sectoriel à deux autres plateformes industrielles, d’âge diffèrent, en l’occurrence Ferrovial et Cital qui se nourrissent, à la base, d’acier, comme matière de base à transformer en produits manufacturés à forte valeur ajoutée. L’enseignement à tirer de la visite d’El hadjar est chargé d’une forte symbolique économique, sur fond de souveraineté nationale à asseoir dans le secteur industriel de base, l’acier en est le pilier par excellence, pour ne plus dépendre de l’étranger en matière d’inputs à transformer localement, selon des critères comparatifs avantageux pour l’industrie nationale, en pleine restructuration. Concernant ce haut lieu de l’industrie sidérurgique que fut le Complexe d’El hadjar, le ministre de l’industrie a assuré que le gouvernement algérien a mis tous les moyens financiers et humains, à travers un programme d’investissements colossaux courant jusqu’ à 2022, pour que ce bastion de l’industrie retrouve la place qui est la sienne et renoue avec la performance économique « pour qu’il ne soit plus un fardeau pour les finances publiques à l’avenir » selon le vœu du ministre lui-même. Il faut reconnaître que le  complexe sidérurgique El hadjar  a déjà consommé son pain noir , notamment du temps où il était dans l’escarcelle du Groupe multinational Arcelor Mittal qui a laissé derrière lui, en se retirant du busines d’El Hadjar, une lourde ardoise de plus de 28 milliards DA sous forme de dettes confirmées. Lourd fardeau à porter par la nouvelle équipe managériale mandatée par l’Etat algérien en tant qu’unique repreneur de l’affaire ! Malgré cet handicap de départ, l’Etat a réaffirmé son intérêt pour la réhabilitation du Complexe d’El hadjar qui a connu moult turpitudes qui ont affecté son fonctionnement normal et le retour programmé dans le temps à un niveau de production normatif de 1,2 million de tonnes d’acier liquide, objectif relevant de la gageure managériale, au vu des contraintes techniques et opérationnelles, souvent dues à l’obsolescence d’installations datant des années 1970 , années de gloire du complexe sidérurgique El hadjar  . Durant sa visite du lundi dernier, le ministre a exhorté les cadres du Complexe à relever le défi majeur de la performance, à commencer par la remise en marche du HF 2 ( haut fourneau n°2 )  récemment réhabilité, après sa mise en veille durant le règne d’Arcelor Mittal qui préférait produire de l’acier à partir de billettes importées de son réseau international, au détriment d’une politique d’intégration en amont à partir du fer des mines d’El Ouenza- Boukhadra qui étaientpourtant dans son portefeuille d’actions en Algérie ! Mais ceci est une autre histoire. Donc, le message est bien passé. El hadjar doit vivre désormais de ses propres ressources qu’il doit générer en interne, en étant performant par la création de valeur ajoutée dans tous les segments de la chaine de valeur qui est la sienne. Sur ce plan, le ministre de l’industrie a usé de l’argument de la clarté du propos en mettant toutes les parties devant leurs responsabilités pour remettre ce fleuron tant vanté dans le discours économique de l’Etat « industrialiste » animé par la volonté d’asseoir un assise industrielle autonome , donnant à notre pays les moyens d’un développement économique équilibré, libéré des contraintes de la rente pétrolière et de ses crises cycliques. Le ministre de l’industrie est resté cohérent dans sa démarche et son discours de principe en visitant mardi 08 septembre 2020  les entités industrielles de Ferrovial et de Cital où il s’est attardé dans les ateliers de production de l’entreprise publique Ferrovial et de la joint-venture de droit algérien CITAL dont le partenaire étranger n’est autre que le géant international ALSTOM, spécialisé notamment dans la production de rames de TRAMWAY à travers le monde. Là aussi, le responsable gouvernemental de l’industrie a insisté sur la nécessité de relever les défis de la concurrence et de la création interne de valeur ajoutée, négociable si possible à l’export pour générer des devises grâce à la promotion du produit algérien. Soucieux de comprendre et de décortiquer les processus de production exposés aussi bien par les responsables de Ferrovial que ceux de CITAL, il a insisté sur l’impératif de booster les processus d’intégration industrielle inter sectorielle, reconnaissant, au passage à FERROVIAL , un taux appréciable d’intégration de ses produits et vantant le génie logiciel des cadres algériens de CITAL en matière de maintenance de matériel ferroviaire, incitant les deux acteurs industriels de la place annabie, à aller au-devant des besoins du marché et du consommateur final ,dans un marché ouvert désormais à la concurrence et non soumis à des cahiers de charges préconçus, cachant mal des rentes de situation, comme cela se faisait fréquemment dans un passé récent. La Wilaya d’Annaba, à l’issue de cette visite ministérielle scrutée par le Secrétaire General de la Wilaya, se trouve confortée dans son rôle connu de plateforme industrielle, charge à elle de valoriser au maximum ses atouts dans ce domaine en dépassant les écueils du passé, souvent marqués par un gaspillage de ressources, par incompétence ou par méconnaissance des enjeux stratégiques qui se cachent derrière chaque acte d’investissement dans l’industrie en particulier.A une boutade cordiale de journaliste consistant à dire in situ que « Ferrovial était une multinationale de par l’origine variée de ses équipements et qu’il s’agissait d’en faire une multinationale à l’avenir en termes de création de valeur et qu’en était –il de l’objectif du Gouvernement en la matière ? » , le ministre a répondu avec une élégance tout aussi cordiale que « C’est l’unique objectif du  Gouvernement »Bonne note est prise Monsieur le Ministre et à bientôt à El hadjar pour la mise à feu du Haut Fourneau n°02. Pour un nouveau départ du complexe sidérurgique El hadjar   !

Abdelali KERBOUA.

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