Le complexe d’El Hadjar endetté à l’extrême

La visite de deux jours que vient d’effectuer le ministre de l’industrie, Ferhat Ait Ali Braham au complexe sidérurgique d’El Hadjar a révélé la très grande fragilité de ce combinat industriel. Sans complaisance aucune, le ministre s’est enquis de la situation en discutant avec l’encadrement et le staff directionnel. Tout a été mis sur la table. Il ne pouvait y avoir de cachoterie car Ferhat Ait Ali était parfaitement informé sur l’état des finances de l’entreprise. Celle-ci est super endettée. Pour faire face à un tel endettement le complexe doit réaliser un chiffre d’affaires de 50 milliards de dinars alors qu’il atteint péniblement les 30 milliards. Pour y arriver il faut produire plus d’acier liquide, de rond à béton, de fer plat, de fil machine et tous ces dérivés sidérurgiques que l’usine n’arrive plus à mettre sur le marché intérieur. Ce n’est pas avec un seul haut fourneau que le complexe pourra atteindre de tels objectifs. Il faut donc impérativement remettre en marche le HF2. Qu’attend t-on pour le faire ? Pourtant la dernière enveloppe financière allouée par l’Etat aurait permis le redémarrage de ce deuxième haut fourneau mais cela n’a pas été fait. A cette question le management n’a pu répondre se lançant dans des explications qui n’ont pas convaincu le ministre. Pour Ferhat Ait Ali il est grand temps de se consacrer exclusivement à la production et ne se soucier que de cela. L’Etat consent a dit le ministre encore un effort, celui de rééchelonner la dette faramineuse contractée auprès de la banque ce qui permettra à la trésorerie de l’entreprise de se consacrer à la réparation des équipements qui empêchent l’usine de travailler à plein rendement ou d’acheter des pièces d’ensembles ne pouvant être réparées. Ce report du paiement de la dette doit permettre au complexe de réaliser enfin ce chiffre d’affaires de 50 milliards afin d’atteindre le taux d’équilibre, créer de la valeur ajoutée et commencer par rembourser les dettes contractées. Pour le ministre les perfusions en continu de la trésorerie de ce complexe appartiennent au passé. L’Etat ne peut plus se permettre de verser tant d’argent pour des résultats toujours décevants. Ce message adressé aux dirigeants et aux cadres de cette entreprise qui appartient au groupe Sider s’adresse aussi au staff directionnel du groupe industriel dont on n’entend plus parler aussi souvent qu’il se doit alors qu’il est censé être aux premières loges. En effet dans le passé c’est au niveau de la DG du groupe Sider que les stratégies de développement se concoctaient et finissaient tant bien que mal à faire fonctionner le complexe et toutes les filiales issues de la restructuration. Depuis la confiscation d’une partie de cette ligne managériale unique par l’indien Mittal et peu après par son associé majoritaire Arcelor toute stratégie d’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement a cessé et cela même après la renationalisation du complexe. Les choses sont restées en l’état alors qu’il aurait fallu se tourner à nouveau vers la maison mère, c’est-à-dire la direction générale du groupe. Cette même direction qui a réduit son personnel au maximum et qui n’existe pratiquement que juridiquement et sur le papier. Ferhat Ait Ali n’a pourtant pas dit un seul mot sur le management du groupe industriel. Lui réservera t-il une place dans le dispositif de reprise des activités sidérurgiques du pays car il n’y a pas seulement le complexe sidérurgique d’El Hadjar qui est la propriété de Sider, il y a aussi celui de Bellara et la société mixte algéro turque Tosyali dont le groupe est actionnaire. Une chose est certaine la sidérurgie a encore une place de choix dans la nouvelle politique d’industrialisation du pays.

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