Hydrocarbures-Le cours du baril de Brent au-dessous du seuil des 40 USD

Le baril de Brent, pétrole de référence pour fixer le prix du Sahara Blend algérien, était dans les échanges d’hier dans l’après-midi à 39,88 USD à la place boursière de Londres.Il y a peu de temps, en plein mois d’août ,les cours étaient revigorés, par on ne sait quel phénomène, à un niveau avoisinant les 45 USD  le baril, faisant miroiter à certains observateurs de la chose pétrolière le retour d’un trend haussier durable,basé sur une croyance éphémère d’un impact plus limité que prévu de la crise de la COVID 19 sur la demande pétrolière, en berne depuis mars dernier.Chez nous, après une correction du prix de référence à 30 USD le baril pour le calcul des dotations budgétaires annuelles (LFC 2020), la fiscalité pétrolière y contribuant encore pour 40% en moyenne,on se mettait à espérer un desserrement de la contrainte sur les ressources budgétaires pour la fin de cette année fiscale qui se rapproche de son dernier quart.Mais devant un marché pétrolier plus marqué par l’aléatoire que le prédictible,la marge de manœuvre de l’économie nationale est plus que limitée, d’autant plus que nous sommes un pays pétrolier de taille petite en termes de volume mis sur le marché pétrolier au sens large, y compris de plus en plus dans son segment gazier,autrefois niche privilégiée de Sonatrach, dans le cadre des contrats gaziers internationaux de long terme. Aujourd’hui ,cette niche est à oublier de l’aveu même de l’actuel ministre de l’Energie, M. Attar, un petrolier au long cours. Cette nouvelle qui vient de Londres, avec un baril à la baisse, est mauvaise pour  l’économie algérienne en mal de ressources pour financer l’ambitieux plan de relance de l’économie nationale, sans recours, choix politique souverain, à l’endettement international et ses conditionnalités fort contraignantes,l’expérience des années 90 du siècle dernier avec le FMI est encore présente par ses effets négatifs et déstructurants du tissu économique à ce jour.Au moment où les réserves de change baissent rapidement et la récession économique s’installe dans nos murs, l’équation se complique pour le gouvernement actuel pour mettre sérieusement le cap sur le développement, en conformité avec les engagements politiques, maintes fois, réitérés, du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Alors faut-il pour autant adopter une attitude attentiste et espérer des jours meilleurs en matière de rente pétrolière ? Si tel est le cas, l’étau va un peu se desserrer. Le mieux est de faire avec ce que l’on a. Il s’agit de réveiller le potentiel économique dormant dans l’agriculture et l’industrie et booster le secteur des services très prisé par une jeunesse inventive et innovante, comme on l’imaginait si peu il n y pas si longtemps.Les nouveaux ressorts de la croissance à dynamique interne ne manquent pas, encore faut-il savoir allouer chaque dinar ou dollar généré par la machine économique de manière réfléchie et portée sur l’avenir, c’est-à-dire sur la richesse à créer demain en optimisant les capacités d’aujourd’hui. Cela va de pair, chose paradoxale, avec une réelle politique d’austérité budgétaire privilégiant le nécessaire et éliminant systématiquement le superflu, moteur vicieux de tous les gaspillages, même si l’action est parfois  au service de l’amelioration de l’image de la République. La marge de manœuvre, il est vrai, est étroite mais la dynamique de changement en cours peut être un facteur d’optimisme qui va donner un prolongement concret au discours sur la refonte du mode de gouvernance. C’est à ce moment que le discours sur le développement économique gagnera en épaisseur par l’investissement productif qui s’inventera ses propres ressources de financement, loin des aléas de la bourse des transactions pétrolières de Londres.Même si un cours de pétrole rémunérateur est un toujours un facteur aidant dans l’état actuel de l’économie algérienne car la contrainte pétrolière reste encore une variable structurelle en Algérie.L’économie algérienne n’est pas dans une logique de trader pétrolier vivant au jour le jour pour gérer son portefeuille. Ce qui importe, pour elle, c’est le long terme et ce qu’il peut charrier comme richesses bien construites dès aujourd’hui. Voilà ce qu’il faut penser du prix du baril de Brent en cette année bouleversée par la COVID 19 de manière tragique.Sur tous les plans ! A.K

Abdelali KERBOUA

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