Restructuration industrielle-Quelle place occupera le groupe Sider ?

Le groupe Sider ne fait plus parler de lui depuis bien longtemps alors qu’il est à la tête de la sidérurgie nationale. La direction générale sise à Chaiba (Sidi Amar) est quasiment déserte. Le staff managérial est réduit à une portion incongrue.

Le DG, un juriste de formation dont la spécialisation est le contentieux n’a pas les capacités requises pour diriger un ensemble industriel de cette importance et notamment la sidérurgie. En fait il n’a plus aucune autorité sur le complexe d’El Hadjar, dirigé actuellement par Réda Belhadj après le limogeage attendu de l’ex directeur Chamseddine Maatallah, qui a été démis de ses fonctions, non par l’actuel DG du groupe industriel alors que c’est sa prérogative mais par un collectif réunissant des cadres et des travailleurs de l’usine. La décision du limogeage de Maatallah a fait l’objet d’une simple notification adressée au DG de Sider. Il n’y a eu aucune concertation avec la direction du groupe, ce qui démontre que pour le complexe d’El Hadjar le groupe Sider est aux abonnés absents. Cette situation inédite dans l’exercice du management a de quoi surprendre. Dans le passé jamais une telle péripétie n’aurait existé. En principe c’est le DG du groupe qui prend l’initiative de limoger ou de  nommer le directeur du complexe et de toutes les filiales du groupe, aujourd’hui au nombre de cinq. Actuellement la direction générale de Sider donne l’impression d’une bulle à l’intérieur de laquelle un nombre très limité de cadres managériaux sont enfermés. La dernière visite du ministre de l’industrie, Ferhat Ait Ali a été consacrée au complexe. Elle a eu lieu sur le site industriel et l’actuel DG du groupe n’était qu’un invité parmi tant d’autres. Il n’avait d’ailleurs pas l’oreille du ministre qui préférait s’adresser à Réda Belhadj et aux cadres de l’entreprise n’accordant qu’une attention distraite au DG du groupe. Lorsqu’on observe tout cela on se demande quel rôle joue aujourd’hui le groupe dans la nouvelle configuration économique qui est en train de se mettre à jour où la compétitivité, le rendement et le profit sont les maitres d’ordre. Il est évident que les choses ne doivent en aucun cas rester en l’état actuel. Les objectifs assignés à la sidérurgie nationale sont ambitieux et ne concernent pas uniquement El Hadjar mais aussi Bellara et Tosyali. En fait il s’agit d’une restructuration à l’échelle nationale et on ne voit pas du tout comment une telle restructuration peut s’opérer si à la tête du groupe industriel sidérurgique on garde les mêmes dirigeants qui ne se sont plus distingués comme de vrais managers comme l’était le regretté défunt Messaoud Chettih. Ce véritable capitaine d’industrie apprécié par des milliers de travailleurs au temps où il était à la tête de Sider et dont l’aura dépassait les frontières nationales. Ferhat Ait Ali est certainement conscient d’une telle différence et sans doute qu’il est en train de réfléchir au rôle et aux fonctions de ce groupe sidérurgique national qui donne l’impression aujourd’hui d’être une coquille vide. Cela concerne d’ailleurs tous les autres groupes industriels publics car le plan de relance de l’économie nationale qui affiche certes des ambitions discrètes mais efficaces ne peut et ne doit pas souffrir d’erreurs d’appréciation stratégique. D’où la nécessité impérieuse de pourvoir ces holdings ou groupe de staffs managériaux de têtes pensantes et de spécialistes dans leurs domaines respectifs. C’est à ce prix et seulement à cela que le pays retrouvera ses capacités de réaction face à un environnement industriel si longtemps négligé par l’ancien pouvoir politique responsable totalement de la déliquescence dans laquelle il est aujourd’hui plongé.

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