L’économie nationale va-t-elle redémarrer de sitôt ?

Le plan national de relance de l’économie étant adopté et discuté lors d’assises nationales réunissant les acteurs de la communauté économique nationale en plein mois d’aout, il s’agit de savoir maintenant si les pouvoirs publics ont les moyens d’afficher un cap et de mener le bateau Algérie à bon port.

Car ce ne sont pas les contraintes qui manquent pour redresser une économie marquée par un gaspillage énorme de ressources du temps où on les jugeait abondantes, sous l’ancien régime, au point où on dépensait sans compter pour tout et pour n’importe quoi, pourvu que cela serve l’image de stabilité du régime d’une part et acheter une paix sociale au sein d’une société traditionnellement frondeuse, d’autre part. Ces deux considérations, si elles peuvent se justifier du point de vue de la gouvernance politique quel que soit le régime en place, n’ont rien à voir avec la rationalité des ressources et leur allocation pertinente. Le pouvoir politique actuel veut tirer les leçons qui s’imposent des errements du passé en réorientant l’économie vers ses potentiels productifs dans l’agriculture et l’industrie, tout en vantant les atouts futurs de l’économie numérique. Alors fixer une facture des importations bornée à 30 milliards USD à la fin de l’année 2021 et réduire la dépendance de l’économie nationale aux recettes d’exportation des hydrocarbures à 80% à la même échéance est double objectif plus qu’ambitieux, au vu de l’état des lieux actuel de l’économie algérienne, fortement marquée par les aléas du marché pétrolier en crise et bouleversée par les contraintes spécifiques à la COVID 19 et son impact sur l’économie, la réduisant à des pratiques d’économie de guerre « non déclarée » du fait du caractère invisible de « l’ennemi ».Pour redémarrer la machine économique, il faut s’entendre sur l’essentiel, c’est-à-dire comment sortir des sentiers de la récession économique à forte connotation sanitaire pour repenser les choses dans un cadre où les projections économiques reprendraient tout leur sens.L’impératif d’aujourd’hui est de savoir gérer des ressources devenues rares et de produire de la résilience à tous les niveaux pour ne pas noircir le tableau plus qu’il ne l’est actuellement.Le temps passe et les priorités se télescopent, avec une donne d’essence politique prioritaire qui est celle du referendum populaire sur la nouvelle Constitution du 1er novembre prochain.Sa réussite pourrait booster les perspectives économiques en donnant au discours économique une légitimité nouvelle, débarrassée des scories du passé et des vides flagrants en matière de contrôle institutionnel et populaire des finances publiques.Car qu’on le veuille ou non, l’Etat va rester un acteur déterminant dans la régulation de l’économie nationale et un garant d’une affectation saine des ressources publiques, en remettant la société au travail par la disponibilité de l’emploi et une gestion plus efficace des revenus de la rente petro-gazière.Investir de manière productive dans un cadre contraint de ressources avec l’amenuisement de l’épargne en devises de l’économie nationale, le matelas de réserves de change, tel est le nouveau credo de l’heure. Il faut beaucoup d’imagination en matière de gouvernance économique pour surmonter ces écueils qui se sont donnés le mot au mauvais moment .A un moment où on avait besoin de plus pour faire mieux, on est réduit à faire plus avec moins. C’est ce qui constitue le challenge principal pour le gouvernement en place pour mettre sur rails l’économie de demain, en dépassant les ratés d’hier. Sans cette action de projection sur l’avenir, l’économie nationale aura du mal à redémarrer et resterait l’otage de règlements de comptes avec son passé jonché de ruines de l’économie de la prédation. Pour atteindre les objectifs de la fin 2021 tels qu’annoncés par le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, il vaut mieux commencer à chauffer le moteur de l’économie nationale dès maintenant pour atteindre une vitesse de croisière en temps opportun. La mise à feu sera-t-elle réussie ? Commençons déjà par le haut fourneau N°2 du Complexe sidérurgique d’El hadjar. Ce sera un bon signe .On verra pour le reste plus tard. C’est-à-dire au mois de novembre prochain. Pour un rendez-vous rassembleur et créatif. L’économie algerienne en a plus que besoin. En urgence !

 Abdelali KERBOUA

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