Dépoussiérage des institutions-Après les walis, c’est au tour des chefs de daïras

Abdelmadjid Tebboune vient de mettre fin à pratiquement à la mission de tous les chefs de daïras en poste. C’est un grand coup dans la fourmilière administrative. Après les walis ceux que l’on nommait naguère les sous-préfets, cheville ouvrière du fonctionnement de l’administration territoriale sont dorénavant mis en face de leurs responsabilités.
La bureaucratie fait encore rage et l’innovation espérée par le chef de l’Etat risque d’être retardée alors que cette période cruciale dans tous les domaines exige d’aller très vite dans l’ouverture économique. Le fonctionnariat de type colonial persiste. Des comportements inadmissibles continuent de perdurer. La numérisation de l’administration reste un vœu pieux. On continue de crouler sur les dossiers alors que cela aurait pu être évité depuis des années. La communication sur le plan économique concernant des projets locaux reste inaudible. Des jeunes diplômés intéressés par le lancement des start-up dont le gouvernement loue sans cesse ce genre d’activités se trouvent en face d’un mur de silence lorsqu’ils s’adressent à l’administration. Ce dépoussiérage au niveau des circonscriptions territoriales du pays vient donc à point nommé. Pourtant cela ne suffit pas car ce n’est pas seulement au niveau des têtes qu’il faut agir c’est surtout au niveau des échelons intermédiaires où se situe le nœud gordien de la bureaucratie. Ces échelons sont composés de chefs de services, de bureaux, d’agents administratifs qui ont été formés à l’ancienne où la prise de décision prenait un temps fou pour être prise. Il devient donc impossible de parler d’innovation sans rapidité d’action. En principe toute demande doit être traitée dans les 24 heures qui suivent son expression. Sans une telle célérité il est vain de croire à toute résolution du problème posé. La modernisation de l’administration est la clé des succès à venir. Par modernisation il faut comprendre sa connexion avec les nouvelles technologies de communication. Tant que le fichier électronique ne remplacera pas la compilation démesurée des dossiers administratifs tout espoir d’aller de l’avant dans le développement territorial demeurera vain. Cette modernisation que la plupart des pays émergents ont mis en place et qui donne des résultats prodigieux est la grande absente en Algérie. Elle doit aussi toucher les communes, aujourd’hui grandes perdantes dans la réorganisation administrative et économique du pays. Le code communal en vigueur ne répond plus du tout aux aspirations des administrés des municipalités. Ce code qui existe depuis les années soixante dix au cours d’une période où l’idéologie primait sur la réalité économique et sociale est aujourd’hui totalement obsolète. Une municipalité doit être dirigée par un maire et une équipe choisie par lui et non plus par un président d’APC dont les élus forment souvent des coalitions qui empêchent souvent la réalisation des projets communaux. Il faut simplifier la gestion des communes en révisant le code électoral de ces bases de la république. Le maire, représentant un parti ou indépendant doit être élu directement au suffrage universel. Il ne doit plus être désigné par son parti d’appartenance faisant de lui un pion de la politique au détriment des intérêts de la commune. Il en est de même pour l’APW qui n’a jamais servi à rien dans l’exercice de ses prérogatives qui lui sont normalement dévolues. Au lieu d’être un moteur du développement de la wilaya elle s’est transformée en instrument du wali qui exerce sur cette entité territoriale un pouvoir absolu. On se demande d’ailleurs à quoi sert son président élu ainsi que tous les membres de cette assemblée qui la composent. Est–ce que l’Etat nouveau qui émergera de la constitution révisée continuera t-il le travail en profondeur qui veut faire de l’Algérie un pays totalement transformé au niveau de la mentalité, du comportement et de l’action salvatrice pour le faire émerger dans le concert des nations comme une puissance régionale ? Tout dépendra de ce qui reste à faire. C’est le pari de l’avenir.

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