Le Complexe sidérurgique d’El Hadjar atteindra-t-il les 1,2 Millions de tonnes d’acier liquide en 2022 ?

On attendait la remise en marche du Haut fourneau n°2 (HF 2 dans le jargon des sidérurgistes) avec la visite du Premier ministre  dimanche dernier à Annaba ; cela ne s’est pas fait. Apparemment, les choses n’étaient pas encore au point, techniquement parlant. Ce n’était que partie remise. Le haut fourneau n°2 a redémarré le vendredi 18 septembre 2020 avec sa mise à feu, après une longue période de mise en veilleuse depuis le mois de mars dernier, pour cause de mesures sanitaires strictes décidées par les pouvoirs publics pour endiguer l’épidémie de COVID 19, notamment sur les lieux de travail de masse, le Complexe sidérurgique d’El-Hadjar en est un par excellence avec ses 5000 employés et plus. Désormais, c’est chose faite et la montée en cadence se fera lentement comme l’exigent les procédures d’usine en la matière. Pour cela, il faudra attendre jusqu’à dix jours éventuellement pour voir la nouvelle coulée d’acier liquide sortir, après cette période d’arrêt forcé pour des considérations sanitaires tout à fait compréhensibles, une fois n’est pas coutume, dans le cas d’EL hadjar. Sur le plan du rattrapage du manque à gagner dans le domaine de la production, il ne reste pas beaucoup de temps pour clore l’année en cours, une année à placer sous le signe du temps perdu pour tous. Il reste un trimestre, le quatrième de l’année en cours, pour sortir de la zone rouge du déficit qui accable la plus ancienne usine de production d’acier en Algérie qui a connu de nombreuses péripéties depuis son inauguration en 1969, soit un demi-siècle à supporter sur ses épaules. Si El hadjar arrive à clôturer son bilan de production d’acier liquide autour de 600.000 tonnes à la fin de l’exercice en cours, il aura sauvé les meubles, en attendant d’entamer 2021 sous de meilleurs auspices, avec une maîtrise moins chahutée des objectifs de production, espérons-le, par les considérations contraignantes de la COVID 19 et son impact économique négatif sur le monde du travail. Sous un autre angle, El hadjar semble remettre de l’ordre sur le plan managérial avec une nouvelle équipe dirigeante connaissant parfaitement les problématique technique et managériale de l’Usine et capable de tirer les leçons qui s’imposent des errements passés où le Complexe s’est retrouvé otage de jeux d’intérêts qui l’éloignaient, malgré lui, de ses objectifs de performance et de retour d’investissement attendu légitimement par L’Etat, unique bailleur de fonds en l’occurrence, et pompier appelé de manière récurrente pour sauver la maison de l’effondrement. Aujourd’hui, l’environnement concurrentiel a profondément changé, avec les usines sidérurgiques modernes d’Oran (Tosyali) et de Bellara(AQS) qui ont des indicateurs de performance qui les inscrivent dans une dynamique à l’export,sans grandes difficultés. C’est loin d’être le cas d’El hadjar. Il lui est demandé tout simplement d’atteindre à terme le niveau normatif du 1,2 million de tonnes d’acier liquide dans le cadre du plan d’investissement financé par l’Etat  à l’horizon 2022. Si cet objectif est atteint à terme, il aura renoué avec la normalité. A ce moment-là, on reparlera concurrence, qualité du produit, production d’acier demandé par l’industrie automobile future (c’est dans le plan de relance de l’économie nationale) et d’intégration intersectorielle, y compris avec son segment de fabrication militaire en plein essor dans une dynamique souverainiste en matière de défense nationale. Le challenge est immense. Il a l’avantage de mobiliser les énergies au sein de l’Usine de la Wilaya  d’Annaba pour que le slogan « Annaba, capitale de l’acier  » reprenne tout son sens. Le slogan est en soi tout un programme pour qu’El hadjar reprenne la place qui est la sienne dans l’industrie nationale. C’est un défi énorme qui attend les sidérurgistes pour les années à venir. Pour perpétuer la tradition industrielle acquise par la Ville d’Annaba. Cette dernière le mérite à plus d’un titre. Si ce n’est pour servir de pendant à la grande université UBMA que la Wilaya abrite. Car désormais, tout est lié. Pour faire un acier de qualité !

Par Abdelali KERBOUA

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *