Santé-Polémique autour des déclarations du  Pr Belhadj

Le journal public « El Moudjahid » s’en est pris de manière acerbe au président du syndicat des enseignants et chercheurs universitaires(SNECHU), le professeur Rachid Belhadj. Le quotidien officieux dénonce les critiques formulées par cet éminent professeur en médecine sur le système de santé du pays. Le quotidien de la presse publique accuse même le président du SNECHU d’être un nostalgique de la France coloniale. Ce qui est naturellement hors de propos car Rachid Belhadj, dont la jeunesse parle pour lui, n’a pas la moindre idée du système de santé au temps de la colonisation. En fait le Pr n’a fait que dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas depuis des générations entières. « El Moudjahid » dresse un bilan positif du système de santé algérien en mettant en exergue les statistiques qui font valoir le nombre des médecins algériens formés depuis l’indépendance, dont parmi eux d’éminents professeurs reconnus à l’international. Le journal oublie cependant comme le rappelle Rachid Belhadj que la plupart de ces grands médecins ou bien sont aujourd’hui à la retraite ou bien ils exercent ailleurs en Europe ou aux Etats –Unis. Ce n’est donc pas une question de statistiques mais de système de santé lui-même. Nos hôpitaux sont malades et cette expression est celle du président de la république lui-même faite lors de sa campagne électorale pour la présidentielle du 12 décembre 2019. Le ministre de la santé actuel, Abderrahmane Benbouzid  vient de confirmer au sujet de l’absence de gynécologues et obstétriciens dans les hôpitaux publics en déclarant que ceux-ci préfèrent et de loin le système privé de santé. A quoi peut répondre  à cela ce doyen de la presse publique? Il est évident que le système de santé publique ne se porte pas bien du tout sinon comment expliquer ce manque de soins flagrant qui existe dans pratiquement toutes les structures hospitalières du pays. Combien de personnes auraient pu être sauvées à temps si les équipements nécessaires ne faisaient pas défaut ? Combien de malades toujours hospitalisés pourraient sortir de l’hôpital si les médicaments étaient à disposition ? Combien de médecins très mal rémunérés aimeraient que l’on s’occupe de leur situation souvent précaire et les amenant à tout faire pour aller exercer ailleurs leurs talents ? Pourquoi ceux qui ont les moyens préfèrent-ils aller se soigner en Tunisie plutôt que dans leur Pays ? Ce genre de questions Rachid Belhadj les a posées. On le lui reproche maintenant. Est–ce là l’esprit qui doit animer l’Algérie nouvelle ? En fait il ne peut y avoir de polémique concernant un sujet qui préoccupe la population entière de ce pays.

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