Hommage à l’artiste qui s’en va-La voix de l’ange blanc s’est éteinte à jamais.

C’était tôt hier matin que la triste nouvelle a fait le tour de sa ville natale, Annaba, qu’il chérissait au-dessus de tout, lui l’artiste cosmopolite aux mille cordes à son violon blanc. Hamdi Benani, maitre incontesté du Malouf, s’est éteint, presque dans la discrétion, à l’âge de 77 ans, non sans avoir livré un dernier combat à la maladie, dans son lit d’hôpital au CHU Ibn Sina de la ville d’Annaba qui portait son chanteur emblématique dans son cœur. Hamdi Benani , de son vivant, le lui rendait bien et en faisait un tremplin pour rayonner sur l’Algérie tout entière, et bien au-delà de ses frontières, travaillant son art avec ce sens de la préciosité qui sied aux grands artistes maitrisant leur art, à force de travail et de persévérance sur les chemins sinueux de la création artistique. Hamdi benani est devenu une Etoile scintillante dans l’univers sélectif de la chanson Malouf, inscrivant son nom aux côtés de grands maitres de la chanson arabe andalouse des écoles de Constantine, de Tlemcen , en réservant à Annaba une place de choix , elle qui a hérité beaucoup de l’Ecole de Séville. L’évocation de cet artiste de grand talent qui aura connu les cimes de la reconnaissance nationale et internationale , travaillant sans relâche sa voix, améliorant et élargissant la gamme d’instruments de musique qu’il utilisait dans son orchestre composé de compagnons fidèles, sensibles à cette touche de modernité qu’il a su imprimer au Malouf, tout en respectant l’âme andalouse de ce chant, partie intégrante du patrimoine musical algérien. Qui ne se souvient pas de cet ange blanc, comme les gens de l’Art l’appelaient affectueusement, qui illuminait les scènes musicales par sa prestance légendaire, le plus souvent habillé en blanc, comme un clin d’œil à la pureté du chant andalou, le Malouf, dont il savait titiller les secrets intimes de chaque Nouba. Hamdi Benani aura été présent brillamment par son art jusqu’à la fin de sa vie, ne ménageant aucun effort pour partager son art et quelque part le pérenniser, après son départ inéluctable, le jour venu. Dernièrement, il s’affairait aux dernières retouches musicales d’un CD pour une édition européenne, à partir de la place parisienne, pour promouvoir une musique andalouse mixée à des sonorités électriques magnifiques,enrichissant la nouba d’origine, sans gâcher la quiétude du chant ancestral. Hamdi Benani, homme élégant et affable pour ses amis et fans, c’était tout cela et bien d’autres choses qui vont nourrir le souvenir de l’homme qui est parti, presque sans dire au revoir. L’Algérie s’en souviendra pour toujours. Son fils Kamel saura perpetuer l’art immense de son père. Il est sur son chemin. C’est le meilleur hommage qu’il lui rendra. Salut l’artiste. Repose en paix Hamdi . « A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons ».

Par Abdelali KERBOUA

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