Liberté de la presse-Tebboune se prononce

Lors de son entrevue, dimanche dernier, avec certains patrons de la presse (publique et privée) le président de la république est, comme d’accoutumée, revenu sur des sujets d’actualité  notamment les plus sensibles. L’une d’entre elles concerne la liberté de la presse. Tebboune a réagi en affirmant que la liberté de la presse est garantie dans la constitution révisée et que tout écrit par son auteur est protégé par la loi. Il y a pourtant un bémol puisque la diffamation et l’injure continueront d’être sanctionnées pénalement. Il ne s’agit donc pas d’une liberté intégrale au sens propre du terme. Cela valait la peine d’être dit puisque les journalistes continueront à peser leurs mots. Au moins ils sont avertis. Mais qu’entend t-on par diffamation justement ? Est-ce que le fait qu’une information non confirmée par la partie citée constitue une diffamation ? Il y a là incontestablement une zone d’ombre car un juge pourra nuancer à sa guise les propos incriminés. Par ailleurs et il est très important de le souligner un journaliste d’investigation enquêtant sur une affaire qu’il estime louche ou sujette à controverse peut se voir les portes fermées et ne pas obtenir de la partie citée les éclaircissements nécessaires pour donner du poids à son article. En général c’est ce qui se passe tout le temps. Cela veut–il dire que dans ce genre de cas le journaliste doit laisser tomber et qu’il passe à autre chose ? Peut–être que le président n’est pas suffisamment au courant de ce qui se passe quand un journaliste essaie de faire un véritable travail d’investigation pour éclairer l’opinion publique sur toute affaire ou combinaison de faits qui frisent l’illégalité. Une loi explicite doit être élaborée et détailler ce que cette loi entend par le terme diffamation, qui est aujourd’hui un fourre tout juridique qui risque d’envoyer un journaliste à la prison. Quant à l’injure là il n’y a rien à dire. Elle doit être sanctionnée mais pas en passant par la case prison. Ce n’est qu’un délit mineur comme il en existe des centaines de milliers par jour verbalement. Emprisonne t-on  pour autant leurs auteurs pour cela ? Certainement pas. Tout ce que risque un auteur d’une injure c’est une amende, guère plus. Ce genre de détails doit être écrit noir sur blanc et ne doit souffrir d’aucune ambigüité sinon c’est un retour à la case départ, celui d’une presse muselée. Au sujet de l’emprisonnement de Khaled Draréni  dont la presse étrangère en fait des gorges chaudes, le président de la république a été catégorique dans sa réponse. Pour le chef de l’Etat cette personne n’a pas été jugée et incarcéré pour avoir dit ou écrit en tant que journaliste comme le prétend la presse étrangère mais pour une affaire grave qui touche à la sécurité intérieure de l’Etat. Ce n’est pas du tout pareil a dit le président et c’est une affaire qui touche la justice. Or on ne commente pas une décision judiciaire.   L’autre sujet abordé par le chef de l’Etat concerne la question mémorielle. Abdelmadjid Tebboune considère qu’il y a des signes positifs et que le président français est de bonne foi concernant ce sujet. Le président reconnait toutefois que le problème est complexe mais si ,souligne t-il ,des deux cotés on arrive à un compromis acceptable qui pourrait donner raison à l’Algérie quant aux crimes de guerre perpétrés par la France coloniale sans pour cela verser dans un intégrisme des mots susceptibles d’humilier la partie adverse alors on pourra résolument tourner cette page douloureuse de l’histoire. Au sujet de la normalisation des relations avec Israël, le président a déclaré que l’Algérie n’est pas du tout intéressée à faire la course à cette normalisation. C’est, a dit le président, une question de principe et l’Algérie a toujours été du coté des Palestiniens. Enfin sur la situation économique du pays le président reconnait qu’il existe d’énormes difficultés mais celles-ci ajoute t-ils sont indépendantes de notre volonté car nous les subissons a-t-il précisé. Le monde est à genoux à cause de la pandémie et nous faisons partie de ce monde a conclu le chef de l’Etat.

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