Le taux d’inflation à 2,1% en Algérie défie les pronostics pessimistes

Qui se souvient des discours alarmistes d’une inflation à trois chiffres développés par un économiste « institutionnel » connu quand le gouvernement en place à l’automne 2018 avait décidé d’utiliser la « planche à billets » pour faire face à la crise de trésorerie de l’époque ? Peu de gens sûrement, en dehors des spécialistes de l’analyse financière macroéconomique qui étaient partagés sur ce sujet sensible. Malgré l’émission de 6500 milliards DA par le recours au dispositif de financement non conventionnel, l’inflation est restée contenue dans des proportions raisonnables, parfois en dessous de 2% à l’échelle annuelle. Cela se confirme en ce moment, dans un contexte de pandémie de COVID 19 couplée à une chute vertigineuse des prix du brut, au début de l’année 2020. L’ONS (Office national des statistiques ) nous apprend que le taux d’inflation , en rythme annuel, atteint à peine 2,1 % à la fin du mois d’aout passé, c’est à dire sur la période courant du mois de septembre 2019 jusqu’au mois d’aout 2020. Pourtant, il y avait de quoi s’alarmer à  partir du mois de mars dernier, avec l’arrêt des échanges avec l’étranger, du moins leur ralentissement drastique pour cause de pandémie d’une part , et la mise à l’arrêt de la machine économique pour cause de confinement de la population , d’autre part. Là aussi, les prévisionnistes de mauvais augure ont prévu le pire, avec un enchainement de pénuries de masse touchant aux produits de première nécessité, dont la matière première est importée, et notamment les produits à base de blé , ainsi que la poudre de lait pour conditionner le lait en sachet, nourrissant les familles algériennes aux revenus modestes, accessibles du fait de la subvention de l’Etat au litre produit et mis à la disposition du consommateur algérien. Ces deux produits sont cités à titre illustratif, vu leur caractère de consommation quotidienne de masse. Rien de cela ne s’est produit, malgré quelques assauts sur les magasins vendant le blé tendre en sacs de 25 kilos et plus, la population s’étant sentie assiégée par un « ennemi inconnu », avant de revenir à des sentiments plus sereins, la panique étant passée. Dans la réalité, beaucoup de produits agricoles frais ont vu leurs prix baisser autour de 15%, s’agissant notamment de la pomme de terre et du poulet de chair. La productivité agricole, en pleine crise sanitaire, a sauvé la mise, en permettant un approvisionnement des marchés à la fois régulier et abondant. Pourtant, on pouvait penser que pour beaucoup de secteurs dépendant quasiment de l’étranger pour leurs inputs allaient connaitre des difficultés grandissantes à satisfaire le marché. La crise sanitaire a ralenti le rythme de consommation de produits durables pour cause de confinement de l’activité économique et a réduit d’autant la pression sur la demande, source classique d’inflation. Alors terminer les 2/3 de l’année avec 2,1 % de taux d’inflation est un indice à mettre au registre des facteurs pouvant endiguer les effets économiques de la crise sanitaire et de son pendant la crise des prix du pétrole. Les partisans de l’hyperinflation resteront encore sur leur faim, en attendant les effets de la récession économique durant le dernier trimestre de l’année 2020. Un trimestre très politique qui a besoin de bonnes nouvelles sur le front économique. Un taux d’inflation entre 2 à 3 % y contribuerait amplement. En attendant que la croissance reparte, après cette année 2020 sur laquelle le coronavirus a jeté son mauvais sort. Et pas sur l’Algérie uniquement !

Par Abdelali KERBOUA

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