Analyse-La décrue de la Covid 19  est-elle annonciatrice de la reprise économique ?

Hier en fin d’après-midi, le bilan quotidien de la COVID 19 est tombé à travers la présentation officielle du jour du Dr fourar, personnage désormais familier des foyers algériens, à l’écoute de l’évolution de ce « Waba » (épidémie en français) venue chez nous sans avertir personne.

Le bilan est à la décrue confirmée de la pandémie en Algérie en ce début d’automne. Les chiffres continuent leur baisse amorcée depuis le début du mois de septembre courant. Il y a eu 153 nouvelles contaminations à l’échelle nationale, 03 décès et 104 guérisons. Ces données épidémiologiques nous éloignent, en l’état actuel des choses, de toute évocation de deuxième vague, pour parler autrement de recrudescence grave de la pandémie. Est pour autant le bout du tunnel ?Les scientifiques restent sur un sentiment d’optimisme mesuré et incitent les citoyens à ne pas baisser la garde, face à un « ennemi invisible » qui a plus d’un tour dans son sac ou plus d’une batterie cachée de « missiles viraux » imparables. Cette situation met les dirigeants politiques dans un état d’ambiguïté décisionnelle quand il s’agit de prendre des mesures pour remettre la machine économique en marche ou assurer un retour à une vie en société normale. Il faut dire que tous les éléments d’une décision pertinente et applicable à tous les niveaux de l’activité ne sont pas encore réunis, pour rendre les décisions politiques porteuses d’effets concrets à même de remettre les acteurs économiques et sociaux au travail, dans un environnement sain et débarrassé des pesanteurs anxiogènes de ces derniers mois sous emprise totale de la COVID 19. Même si le moment est éminemment politique avec la concentration des efforts du pouvoir politique et de pans entiers de la société civile sur le texte de la Constitution remaniée, rien n’empêche de prêter attention à des signaux encourageants d’une reprise économique à un rythme plus favorable que prévu. Avec la baisse de la facture à l’importation durant le premier semestre, le taux d’inflation contenu dans des proportions « hors crise  », (2,1% à la fin août ), un cours du Brent qui a clôturé la semaine de cotation à Londres vendredi dernier à 41,92 USD , certes il n y a pas lieu de pavoiser, mais juste de noter que certaines contraintes sont en train d’être desserrées ; ce que le gouvernement actuel attendait de tous ses vœux, tout en  œuvrant dans ce sens –là , avec des résultats qui ne peuvent satisfaire tout le monde évidemment. Car plus globalement, le nouveau pouvoir politique a pour ambition de remettre l’Algérie sur rails et pareil programme est ambitieux, au vu du legs désolant de l’ancien régime, et très exigeant en termes de ressources. Et ce sont ces ressources qui manquent le plus actuellement, d’où l’impératif de remettre la machine économique en marche pour contenir les effets de la récession « covidienne » et permettre au pays de se relever et d’avancer sur la voie du développement. Alors commencer par parler de Covid 19 et terminer par le développement du pays, est-ce le chemin d’analyse le plus optimal ? Assurément oui. Pour la simple raison que sortir d’une crise sanitaire majeure avec des dégâts limités est une preuve de bonne gouvernance des ressources humaines et matérielles mobilisées pour sortir d’une situation imprévue aux  effets déstructurant multiples. Avec quelles conséquences sur le plan décisionnel pour ce qui concerne la reprise du travail en entreprise , toutes activités confondues, et le retour du système de formation scolaire et universitaire à la normalité. A ce moment-là, ce sera la sortie du tunnel. Pour dépasser l’ambigüité décisionnelle et entrer de plein dans l’action du bâtir à nouveau. Avec l’éclairage béni d’une nouvelle Constitution qui aura reçu un aval populaire franc, faut-il l’espérer. C’est la meilleure manière de faire coïncider le temps politique et le temps économique. Sous contrainte de la COVID19 qui semble perdre du terrain. Mais la vigilance reste de mise !

Par Abdelali KERBOUA

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