La culture du colza au cœur d’une journée d’études à Annaba

Le mardi 29 septembre 2020, la salle de conférences de la CCI « Seybouse » d’Annaba a hébergé les actes d’une journée d’études sur la culture du colza, brassicanapus L, plante annuelle à fleurs jaunes destinée à la production d’huile alimentaire ou de biocarburant également. M. Sakhri Med El Hadi a fait une présentation documentée sur cette culture en sa qualité de directeur général de l’Institut Technique des Grandes Cultures (ITGC) , institution agronomique en charge du développement de ce projet agricole novateur , sur instruction de sa tutelle, le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, mettant ainsi en exergue le souci des pouvoirs publics de réduire la facture d’importation assez lourde pour l’Etat, estimée par le conférencier du jour , à 1,3 milliard USD par an pour rendre disponible , entre autres, l’huile de table dans les foyers algériens. Dans ce sens, il a informé l’assistance que les semences étaient disponibles et que des expériences de culture ont été menées en 2008 et en 2017, sur quatre plateformes dans la Wilaya de Constantine ,avec un rendement encourageant de 22 quintaux à l’hectare, ce qui n’est pas négligeable pour un début , sachant que nos voisins tunisiens arrivent à un rendement de 35Q/HA dans des conditions climatiques et de qualité du  sol comparables. Le gouvernement algérien, a-t-il déclaré, compte mobiliser 2, 5 millions d’hectares au nord du pays, sans recourir au sud, pour une culture qui n’est pas aussi exigeante que le soja .En fonction des disponibilités en semences, « notre ministre s’est engagé pour un minimum de 3000 HA pour les semences auprès de M. Le Président de la République » Dans ce cadre, un opérateur international s’est engagé à fournir dans les prochains jours les semences nécessaires pour couvrir ces 3000 hectares. C’est vrai, souligne M. Le DG de l’ITGC, qu’il y avait des craintes chez les agriculteurs quant à l’écoulement du produit sur le marché. Il y a déjà deux opérateurs économiques ciblés pour prendre le produit, une fois mis sur le marché, au prix du marché international, car ce produit, le colza, est coté en bourse, donc subissant des variations en continu. Il a rassuré les agriculteurs que l’ITGC va assurer le suivi technique sur le terrain de cette culture à racines pivotantes qui permettent d’améliorer la qualité du sol. Le Colza a beaucoup de bienfaits en matière de production d’huile alimentaire et pourquoi pas demain du biocarburant, comme c’est le cas dans de nombreux pays à l’Etranger. « Il n y a pas de raison d’avoir peur de cette culture qui va être développée dans des terres en jachère et dans tous les cas , nous sommes gagnants du point de vue de l’utilisation du sol » .En conclusion, il a appelé l’assistance à mettre la main dans la main pour relever ce défi qui entre dans le projet de construction de l’autonomie alimentaire de l’Algérie, en utilisant le potentiel qui existe chez nous, pour ne plus compter sur l’importation. La journée d’études a vu la présence des DSA d’Annaba et d’El Tarf, ainsi que les présidents des chambres de l’agriculture des deux Wilayas. Un débat animé a suivi la conférence où les opérateurs agricoles ont soulevé des problèmes de logistique et de prix surtout, en demandant des assurances de l’Etat quant à la rentabilité de cette nouvelle culture. Il semble que la dynamique de développement agricole veut étendre son champ vers la substitution des cultures locales aux produits ou inputs importés. La journée d’hier a apporté un éclairage utile dans ce sens aux gens de la terre dont le pragmatisme paysan n’est plus à rappeler.

Par Abdelali KERBOUA

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