Le prix du baril de Brent vient au secours de la stratégie de M. Attar.

 

 

Hier, en fin d’après-midi vers 17 heures, heure algérienne, le prix du baril de Brent s’affichait dans les échanges pour les contrats de livraison de décembre prochain, à 41,62 USD, après avoir clôturé la semaine de cotation vendredi passé à 39,27 USD. Les nouvelles rassurantes sur l’évolution de l’état de santé du président US Donald Trump atteint par le Coronavirus y sont certainement pour quelque chose, la géopolitique de cette matière fossile bien spéciale commençant souvent dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington. C’est ce moment délicat pour les revenus de l’économie nationale qu’a choisi M. Attar, ministre de l’énergie pour livrer une réflexion sur la nouvelle feuille de route du secteur de l’énergie qu’il dirige depuis le dernier remaniement du gouvernement Djerad. Dans un entretien exclusif donné à un quotidien national en date du dimanche 04 octobre 2020, le ministre a été explicite sur l’état des lieux peu reluisant de son secteur, et notamment sa locomotive motrice, la Compagnie nationale Sonatrach. D’emblée, il annonce que ce qui justifie la réorientation des objectifs du secteur est connu de tout le monde, à savoir : « baisse des réserves, baisse de la production, baisse des revenus d’exportation, augmentation de la consommation énergétique nationale. Alors, au lieu de rechercher une solution ou un palliatif à chacun de ses volets, nous avons opté pour une stratégie très simple qui tient compte des incertitudes économiques mondiales, des urgences internes à court terme auxquelles il faut absolument faire face et de la nécessité de gérer nos ressources  et leur usage de façon complètement différente dans l’immédiat et au-delà du moyen terme. » Même si le pragmatisme du ministre se réclame de la simplicité de la démarche, l’équation à résoudre est difficile, tant les termes sont contradictoires et tirent dans des sens divergents. Et c’est là où la donne se complique du point de vue stratégique, à un moment où les ressources à mobiliser pour l’investissement de renouvellement des réserves et de la technologie utilisée viennent grandement à manquer en cette période de crise cyclique des prix du pétrole, accentuée par l’impact désastreux sur l’économie mondiale de la Covid 19. Cela n’empêche pas les dirigeants du secteur d’opérer un changement de cap dans le trend dépensier de Sonatrach, connu des pétroliers depuis longtemps et le flou traditionnellement entretenu sur le coût du baril du Sahara Blend algérien , à la sortie du puits. Ce chantier de réduction des charges est plus que nécessaire mais il ne suffira pas à dégager les ressources nécessaires, elles aussi, pour booster la production de Sonatrach et améliorer ses performances financières à l’export. L’amélioration attendue à ce double niveau est liée à l’application de la nouvelle Loi sur les hydrocarbures qui nécessite la préparation et la publication de 43 décrets exécutifs dont « 25 décrets exécutifs ont pu être préparés en moins d’un mois et demi. Le reste sera finalisé avant la fin de l’année, et nous pourrons alors entamer une large campagne de promotion du partenariat aussi bien en amont qu’en aval » Pour réaliser les changements de gouvernance d’entreprise dans son secteur, le Ministre insiste sur les qualités intrinsèques de la ressource humaine. Et sans ambages, il déclare : « Mais une chose est sûre, il va falloir protéger Sonatrach et Sonelgaz et renforcer leur rôle dans la relance du développement économique du pays. Mais dans tout cela, c’est le volet humain qui est primordial : compétences, intégrité, attachement à son entreprise,éthique, gestion de carrière équitable. Quand les cadres sont compétents etmobilisés, le reste vient avec, sans problème » Les idées de M .Attar sur l’éthique du management d’entreprise semblent claires et convaincantes. Seulement dispose-t-il d’un mode opératoire efficace pour opérer les mutations de fond dans un secteur qui a longtemps fonctionné selon la logique de cooptation dont les leviers décisionnels se trouvent en dehors du secteur de l’Energie ? Si ce n’est pour le rôle –pivot de pourvoyeur en devises pour l’Etat qu’il a longtemps exercé. Toute la difficulté est là-dedans et gageons, lueur d’espoir à l’horizon, que le discours antibureaucratique du président Abdelmadjid Tebboune contribuera à secouer le cocotier. Avec l’aide d’un prix du baril plus élevé, ce serait encore mieux pour rendre la stratégie de M. Attar plus opérationnelle. Contre les vents contraires de la bureaucratie !

Par Abdelali KERBOUA

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