L’affaire Khalida Toumi-Le résultat d’un parcours sinueux

 Il y a de l’électricité dans l’air entre le parquet d’Alger et les avocats de la défense de l’ex ministre de la culture, Khalida Toumi l’ex ministre de la culture sous l’ex président Abdelaziz Bouteflika. Chacun se jette la responsabilité d’une incarcération, qui pour les défenseurs n’est nullement justifiée et pour le parquet c’est le contraire.

Dans ce duel à distance mais à fleuret moucheté chacune des parties donne sa propre version. Bien sur le dernier mot appartient aux représentants de l’accusation. Quant  à la concernée elle vient d’adresser une lettre au président de la république lui demandant de trancher. En un mot d’intervenir. Or la concernée se trompe. Cette fois-ci il ne s’agit pas d’un président comme les autres et notamment le dernier en date mais d’Abdelmadjid Tebboune qui ne peut valablement se déjuger et nier ses principes dont l’indépendance de la justice en est un. Khalida Toumi, parlons-en justement ! Cette ancienne professeure de mathématiques qui s’est investie très tôt dans la politique d’abord en tant que féministe déclarée puis en qualité de membre du RCD dont elle intégra les rangs pour militer pour une Algérie laïque intégrale dont le but est de séparer le temporel du spirituel un peu comme l’a fait la France en 1905. Son combat à l’époque où l’Etat combattait l’intégrisme religieux diligenté par le FIS et qui avait tourné au drame était toléré par le pouvoir de l’époque qui ne voulait sans doute pas avoir à se battre sur deux fronts, contre les laïcs  de Saïd Sadi et contre les terroristes se réclamant de l’islam radical. L’arrivée de Bouteflika allait changer la donne car ce dernier fin politique qu’il était avait compris que pour que sa concorde civile fonctionne bien il fallait courtiser les dirigeants qui comptent au RCD, d’autant qu’à l’intérieur de ce parti les dissensions commençaient à faire jour. L’exercice autoritaire du leader maximo qu’était Saïd Sadi finissait sérieusement par irriter Khalida Toumi et Amara Benyounes, ceux qu’on considérait comme les bras droit du chef de ce parti. Bouteflika a su  convaincre  ces deux personnages clés en les intégrant dans le sérail politique qui était le sien. Khalida en était la première enchantée et rivalisa d’ardeur dans tous les gouvernements dont elle faisait partie car étant automatiquement reconduite grâce à l’amitié affichée et sans borne pour l’ex président de la république. Ses activités ministérielles étaient pourtant médiocres mais personne n’osait le dire. Sa dernière prestation concernant le millénaire culturel de Tlemcen a été un désastre assortie d’un gouffre financier effarant. C’est d’ailleurs ce que lui reproche aujourd’hui la justice qui s’est penchée sur la gestion de son ministère au cours de cette période. Cette femme politique au destin controversé aurait pu se détacher en temps voulu du micmac politique qui existait en cette époque. Elle ne l‘a pas fait soumise à l’ivresse du pouvoir qui l’a menée aujourd’hui en prison.

 

Khalida Toumi n’est pas en « situation de détention arbitraire »

 Réagissant aux accusations de la défense la cour d’Alger a démenti les informations publiées selon lesquelles le dossier de l’affaire Youmi aurait fait l’objet de violations des procédures et que la concernée serait en situation de détention arbitraire. En effet selon  un communiqué  il est rapporté que  « suite aux informations relayées par certains journaux sur l’affaire de Mme Khalida Toumi, et en vertu des dispositions de l’article 11 du Code de procédure pénale, le parquet de la République près le pôle pénal national spécialisé dans la lutte contre le crime économique et financier, soucieux d’éclaircir l’opinion publique, dément les informations repportées par certains organes d’information. Le Parquet de la République a rappelé que « Mme Khalida Toumi a été placée en détention provisoire le 04 novembre 2019 par le juge d’instruction saisi de l’affaire, et ce sur la base des charges retenues contre elle ». « La détention provisoire a été reconduite à deux reprises, la première, par le même juge d’instruction en date du 27/02/2020, et la deuxième par la chambre d’accusation le 08/06/2020 en application de l’article 125 bis du Code de procédure pénale qui autorise la prolongation de la détention provisoire en matière délictuelle en cas d’existence d’expertises judicaires en cours d’élaboration, de collecte de preuves ou encore de recueil de témoignages en dehors du territoire national », ajoute le Parquet. « L’enquête dans cette affaire suit sont cours devant le juge d’instruction près le pôle pénal national spécialisé dans la lutte contre le crime économique et financier dans le strict respect de la loi et des procédures », conclut le communiqué

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