Reportage au cœur de la grande poste d’Annaba-La honte !

Mercredi 9 septembre nous avons voulu savoir avec la précision exigée ce qui se passe à l’intérieur de ce grand édifice que l’on appelle la grande poste. Il s’agit de la recette principale d’Annaba. Dès six heures du matin les gens sont là pour obtenir un « bon ». Celui-ci est monnayé à 200 dinars par des trafiquants qui sont là dès minuit. Premiers servis premiers entrés. 10 heures du matin il y a quelques centaines de personnes (femmes et hommes) qui font la queue attendant sous un soleil de plomb leur tour (leur numéro de bon).

Pour franchir le seuil il faut montrer ce fameux bon aux policiers en charge de distiller le nombre de personnes ayant droit à l’accès à l’intérieur. Sans ce quitus impossible d’entrer sauf si par « miracle » un employé se déplaçant à l’entrée, chuchotant à l’oreille du vigile fait signe à une personne faisant la chaine et lui demande de le rejoindre, sous l’œil hagard de centaines de personnes. Il arrive même que cet employé, souvent un chaouch, sorte et prenne la personne ciblée par la main franchissant la haie d’honneur qui mène à l’entrée. Cela nous l’avons constaté de visu. A l’intérieur  il n’y a que deux guichets, un pour les femmes et l’autre pour les hommes. On fait entrer vingt personnes à la fois (10 hommes et 10 femmes), tous en possession du bon de couleur verte qui est à chaque fois recyclé. Ces vingt personnes doivent patiemment attendre leur tour pour être payés. Ce guichet unique sert non seulement à payer les gens mais à percevoir toute redevance. Ainsi tout le monde est logé à la même enseigne payeurs et payés. Nous avons compté les guichets à l’intérieur de  ce grand édifice il y en a vingt. 16 d’entre eux sont vides. Il n’y a aucun employé, hormis les deux du paiement et perception et deux pour la délivrance de la fameuse carte magnétique « Dahabia » dont la durée de vie ne dépasse pas une année et qu’il faut à l’échéance du terme valider mais pour valider il faut faire la queue comme tout le monde. On l’a compris c’est la quadrature du cercle. A l’extérieur de la grande poste cela bouillonne. Les gens sont tassés les uns contre les autres. Il n’y a aucune distanciation entre eux et le port du masque est passé aux oubliettes. C’est normal avec une chaleur qui vire à l’asphyxie comment tolérer le port de cette bavette, devenue l’unique protection contre le covid 19. En fait la circulation du virus est au top. Comment en est–on arrivé à un tel stade de la déliquescence ? La question est posée aux responsables d’Algérie poste, notamment ceux de la direction régionale. Que font-ils donc ? Pourquoi ne vérifient-ils pas cette immense désorganisation qui touche la grande poste mais également toutes les agences postales de la ville ? Sont–ils à ce point dépassés ou se la coulent-ils douce ? Et le wali dans tout cela. Est-il au courant de ce qui se passe au niveau du chef lieu de sa wilaya ? Pourtant le siège de celle-ci se situe à peine à une centaine de mètres de la grande poste. N’est–il pas dérangé par de tels agissements dont il peut mettre un terme du jour au lendemain ? Il en a pourtant l’autorité. Que se passe t-il dans cette ville qui  a drainé des problèmes qui n’existent pas dans les autres wilayas ? La bureaucratie persistante a-t-elle toujours le dernier mot ? Est-elle au dessus des lois et règlements ? Qu’on ne dise surtout pas que c’est la faute au gouvernement. Cette chanson tellement entendue est dénuée de tout fondement. Le mal est local et ceux qui en sont responsables sont des locaux. Pour quand le coup de pied dans la fourmilière ?

 

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