Investissements étrangers-L’Espagne grande favorite

La visite du premier ministre espagnol Pedro Sanchez à Alger n’est pas à proprement parler une première en Algérie car les venues de chefs de gouvernements de la péninsule ibérique ont été nombreuses ces dernières années, sauf que celle que vient d’effectuer M. Sanchez dans notre pays la semaine dernière revêt une importance capitale car elle se situe dans un contexte marqué par un changement radical de la politique économique de l’Algérie.

 Ce n’est donc pas une visite ordinaire mais exceptionnelle. Elle intervient à un moment où le monde entier affronte la plus grande crise économique provoquée par la pandémie du coronavirus et particulièrement l’Europe du sud dont l’Espagne fait partie. Idem pour l’Algérie qui a été aussi sérieusement touchée par le covid 19 mais beaucoup plus par la déliquescence d’un système politique qui a duré une vingtaine d’années et qui a dépouillé le pays de ses avoirs économiques. La nouvelle équipe dirigeante présidée par Abdelmadjid Tebboune est en train de donner des garanties à tous les anciens partenaires économiques du pays. La loi de finances 2020 et celle qui l’a complétée a mis un terme à cette loi ambigüe qu’était la 51/49% qui forçait tout investisseur étranger à s’associer à un partenaire local qu’il soit public et privé. Ce ne sera plus le cas à l’avenir et des lois précises qui seront prochainement promulguées permettront à ce type d’investisseur de s’établir librement en Algérie à la hauteur de 100%. Ce verrou sauté est une avancée formidable car il donne le feu vert à tous ces partenaires étrangers qui sont venus dans le passé constater le potentiel important qu’a notre pays sur tous les plans. Lorsqu’on les invitait à investir on leur sortait la règle 51/49% et là c’était la douche froide. La plupart d’entre eux, principalement des PME étrangères repartaient déçus. Le premier  ministre espagnol qui s’est longuement entretenu avec le président de la république  ainsi qu’avec le premier ministre algérien est aujourd’hui persuadé que les choses ont radicalement changé en Algérie tant sur le plan économique que sur le plan politique. En donnant sa conférence de presse il  a annoncé que son pays à travers les entreprises qui sont déjà implantées en Algérie (700) et de nombreuses autres  vont venir  et vont investir dans des secteurs porteurs de croissance et mutuellement avantageux pour les deux pays. Il a cité l’agriculture dont l’Espagne est devenue le leader incontesté et incontestable en Europe. L’Algérie qui veut donner à son agriculture une place prépondérante dans le développement économique entend profiter d’une telle expérience. Elle veut également l’étendre à l’agro-alimentaire mais également à l’industrie légère, celle de la transformation à partir de la matière première existante dans le pays. La délégation qui accompagnait le premier ministre espagnol et qui est composée de chefs d’entreprises et d’hommes d’affaires de ce pays a été longuement reçue par deux ministres du gouvernement Djerrad , celui de l’agriculture et celui de l’industrie. Les délégations ont été largement convaincues par les exposés faits par les ministres algériens. Tous les éclaircissements concernant la nouvelle politique du pays engagée par le chef de l’Etat algérien ainsi que l’explication détaillée du plan de relance adopté l’été dernier ont  permis à ces chefs d’entreprises de connaitre avec exactitude les besoins de l’Algérie et quelles sortes d’investissements les plus aptes à réaliser. Cet intérêt des espagnols pour notre pays va  inciter des investisseurs d’autres pays à venir explorer un marché de  cinquante millions d’habitant à l’horizon 2050 .La concurrence s’installera et les Algériens en profiteront.

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