mardi, décembre 7, 2021
ActualitésAbus de fonction-C’est au tour de Bedoui

Abus de fonction-C’est au tour de Bedoui

Noureddine Bedoui fait l’objet d’une enquête diligentée par la police judiciaire de Constantine. Cette enquête porte sur un abus de fonction exercé lorsqu’il occupait le poste de wali de cette wilaya. Pour rappel l’ex premier ministre, l’un de ces trois B  de la transition qui a suivi la démission de l’ex président de la république avait été auditionné en qualité de témoin dans l’affaire du financement de la campagne électorale du fameux 5ème mandat.

C’est ce qu’on appelle l’effet boomerang  qui a touché pratiquement tout le personnel politique ayant exercé ces vingt dernières années. Peut être que l’ex premier ministre se croyait épargné par le tourbillon judiciaire enclenché depuis le départ de l’ex chef de l’Etat. Il se trouve que ce n’est pas le cas. Que lui reproche t-on précisément ? Selon les dernières informations rendues publiques le concerné aurait abusé de sa fonction à la tête de la wilaya de Constantine pour octroyer des marchés publics à des personnes qualifiées d’influentes à l’époque et qui avaient partie liée avec le pouvoir. La pratique était courante en cette période. Beaucoup de walis s’y étaient lancés, tete baissée, sachant qu’ils ne risquaient rien. Bedoui figurait-il dans le lot ? C’est à prouver. N’oublions pas qu’il est présumé innocent jusqu’à preuve de sa culpabilité. L’enquête en cours révèlera t-elle d’autres sujets de préoccupation ? On le saura lorsqu’elle sera terminée. Toujours est –il que la justice se sent aujourd’hui libérée du carcan dans lequel elle était enfermée pendant de longues années. Il ne faut pas non plus que cette poursuite non stop d’affaires encombrantes ne devienne une chasse aux sorcières ou un règlement de comptes grandeur nature. La sérénité doit être de mise et c’est le droit et son application qui doivent avant tout primer sur les sentiments. En réalité Bedoui est le dernier arrivé dans la procession de responsables qui ont exercé une autorité au cours de laquelle ils ont abusé de leurs fonctions. La question qu’il faut poser car elle est pertinente est celle-ci : Ces hauts fonctionnaires dont beaucoup d’entre eux sont devenus ministres avaient –ils réellement le choix dans leurs décisions ? Ou bien étaient –ils soumis à une pression intolérable exercée contre eux par le plus haut sommet de l’Etat ? Si c’est le cas ils bénéficient de circonstances atténuantes même si leur condamnation semble justifiée au regard de ce qu’ils ont fait au cours de l’exercice de leurs fonctions. Néanmoins ils auraient pu démissionner à temps mais lequel d’entre eux avait le courage de le faire car quoiqu’on en dise le pouvoir corrompt et rare sont ces responsables qui ferment les yeux aux délices procurés par une rémunération alléchante et des facilités incroyables qui leur sont accordées ainsi qu’aux membres de leurs familles et proches .En fait s’il y a responsabilité , celle  -ci est collective . Tout le monde a eu une part du gâteau Algérie, du premier ministre au citoyen lambda. Certes il n’y a aucune comparaison à faire entre ce dernier et les gros pontes qui ont eu la plus grosse part mais le mal est là et il existe depuis ces trente dernières années. Pour l’enrayer il faut du temps. Un véritable travail de fourmi. En fait le pays a besoin de se réformer en profondeur : Politiquement, économiquement et surtout socialement. Pour y arriver il faut un véritable projet de société. Ce sera l’affaire des générations suivantes car la mentalité d’aujourd’hui est gangrénée .

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