Bourse d’Alger-Dans le peloton de queue des bourses mondiales

La  bourse d’Alger c’est de la figuration. Pour faire bien pour ainsi dire. Ce n’est qu’un ersatz d’un marché financier. Selon le président de la COSOB la Palestine, qui est pourtant un pays occupé possède une place financière bien meilleure que la notre.

En fait cet instrument indispensable à toute économie de marché qui se respecte avait été imposé par le FMI au gouvernement algérien au cours des années quatre vingt dix pour accompagner les réformes structurelles dictées à l’époque par l’institution monétaire internationale. L’Etat s’était engagé à mettre en place un marché financier. Le pays n’en avait pas. Il s’efforça de le mettre en place mais ce n’était qu’une coquille vide. Certes il y avait quelques entreprises, principalement publiques qui s’étaient vu coter mais de manière arbitraire alors qu’il aurait fallu d’abord  former le personnel (Agents de change et une myriade de conseillers). Cela n’a pas été fait et ceux qui travaillent aujourd’hui à la bourse d’Alger ne sont pas des spécialistes du genre. Certes ils sont versés dans le calcul économique mais cela ne suffit pas, loin de là. En l’an 2000 quelques entreprises privées firent leur entrée en bourse mais là aussi c’était purement formel. A titre d’exemple les groupes industriels privés dont les propriétaires sont aujourd’hui incarcérés pour les faits que tout le monde connait ne se sont jamais souciés de coter leurs entreprises en bourse, pourtant la logique aurait voulu qu’ils le fassent car disposant de capitaux suffisants pour inciter à l’achat d’actions de leur domaine d’activité. C’est cela le libéralisme dont l’Algérie avait opté lorsqu’elle décida dès la fin des années quatre vingt d’en finir avec l’économie socialiste. Sauf que la décision de favoriser une économie libérale n’a jamais été la préoccupation des gouvernements de l’époque ni ceux d’après puisque la structuration économique  est restée la même avec l’arrivée au pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier se souciait comme d’une guigne d’une économie fondée sur des règles précises qui ont fait des pays jusqu’ici sous développés des pays émergents. Durant ces vingt dernières années c’est l’anarchie économique qui a prévalu, donnant lieu à tous les excès. L’Algérie aux yeux du monde est un pays difficile à classer car le pays ne s’est jamais doté d’instruments de régulation économique et financière. Les réformes structurelles imposées au cours de la décennie quatre vingt dix par le FMI n’ont jamais débouché sur la mise en place de tels instruments, or la bourse en est l’élément principal. C’est à travers le fonctionnement de celle-ci qu’un pays constate ses avancées économiques. Aujourd’hui les capitaux des entreprises prospères sont thésaurisés. Une situation équivalente à celle des économies occidentales du 17 et du 18 ème siècle. Il est vraiment dommage que le plan de relance adopté l’été dernier n’ait pas fait mention du rôle de la bourse dans les réformes que le gouvernement envisage d’entreprendre au cours des années prochaines. Parler de la mise en place d’un marché financier rapidement est un leurre. La raison est simple. Il n’y a pas de culture d’entrepreneuriat en Algérie. Les opérateurs économiques algériens font preuve d’une ignorance totale de l’orthodoxie financière. Ils ne l’ont jamais côtoyée. Le plus étrange cependant est cette absence de l’enseignement financier tel qu’il se pratique ailleurs dans nos grandes écoles spécialisées dans la gestion et la finance. Même topo dans les universités du pays à travers les études post graduées. Comment dès lors songer à faire fonctionner un marché financier sans acteurs qui ont la charge de le faire fonctionner ? En réalité tout reste à faire dans ce pays, cette Algérie nouvelle qui doit ressembler à ces nations émergentes qui se portent bien. Actuellement  c’est le flou total  à cause du manque de transparence dans les opérations financières  et une méconnaissance qui frôle l’absurdité de tous les dirigeants d’entreprises  publiques ou privées  de ce qu’est un marché financier. Le jour où  celui-ci sera suffisamment connu et surtout maitrisé, régulé en fructifiant les investissements et en ouvrant le capital grâce à l’introduction de celui-ci en bourse alors on pourra dire que l’Algérie fait partie de son siècle.

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