Nouvelle Constitution-Clairement énoncé par l’article 26 «L’administration est au service du citoyen»

La lecture du texte de la Constitution remanié proposé au référendum populaire du 1er novembre prochain permet de déceler les jalons à mettre à l’avenir pour construire l’Etat de Droit et ce, dans la cohérence à trouver entre principes énoncés et actions à entreprendre pour leur donner corps dans la réalité.

Il en est ainsi de la notion de service public dont la qualité rendue est un véritable baromètre de la confiance entre gouvernants et gouvernés. La question de l’heure semble être celle de la débureaucratisation de la vie économique et sociale pour dépasser les nombreux écueils de la bureaucratie, comme façon de faire et d’agir ancré dans les esprits de ce qu’on appelle les bureaucrates, ou plus franchement les détenteurs de postes de décision, à tous les niveaux, qui en font une source de pouvoir, à opposer à autrui ou parfois à monnayer en échange d’un service quelconque, frappé pourtant du sceau du service public. C’est ce que la nouvelle Constitution veut délibérément corriger en rappelant dans son article 26 que  «L’administration est au service du citoyen». Le principe est clairement énoncé et il suggère que l’existence de l’administration est justifiée par le service qu’elle rend au citoyen pour lui permettre de rendre effectifs les attributs de la citoyenneté, le plus souvent régis par la loi, surtout dans le domaine public dans lequel se meut quotidiennement le citoyen algérien. C’est toute la problématique du service public qui est posée à travers la manière de lui rendre son utilité sociale et sociétale. La réhabilitation du service public, au-delà de l’énoncé constitutionnel qui a force de Loi, passe par une révolution des us et pratiques des « cols blancs » détenteurs du Oui et du Non qui déterminent parfois toute une trajectoire personnelle du citoyen, qu’il agisse en tant qu’individu porteur de la nationalité algérienne, en tant que travailleur, entrepreneur ou retraité d’une quelconque fonction exercée dans son passé de citoyen actif. C’est à l’aune de l’efficacité et de la qualité du service rendu que le citoyen apprécie son administration qu’il voudrait débarrassée des « gestes- barrières » qui l’encombrent déjà à l’entrée en dénaturant l’accueil jusqu’aux passe-droits qui font fonction de « procédure à l’amiable » adoptée selon des codes dont la Bureaucratie a le secret. On ne peut se targuer de lutter contre la bureaucratie sans parler de l’éthique du servir et les devoirs qu’elle impose en matière d’équité et d’impartialité que l’on devrait retrouver chez chaque commis de l’Etat imprégné du sens du service public. Et cela ne saurait se faire sans une relation étroite entre le demandeur de ce service public qu’est le Citoyen et l’offreur de ce service public qu’est l’administration. Cela suppose aussi une administration plus proche du citoyen, décentralisée, aux pouvoirs déconcentrés, réagissant rapidement aux doléances citoyennes et non plus en position d’attente du signal d’action venant d’Alger ou du Chef- lieu de Wilaya, s’agissant de villes de l’intérieur  dont souvent la densité des problèmes du vécu quotidien est majorée par la densité démographique. Dans tous les cas de figure, le citoyen est censé savoir à qui il a affaire pour la prise en charge de ses problèmes, sans recourir lui-même à un « passeur » pour contourner les obstacles de la bureaucratie, classé à juste titre comme « ennemi public n°1 » par le premier ministre Abdelaziz  Djerad. C’est dire l’ampleur de la tâche qui attend le gouvernement pour mettre en conformité l’administration avec l’esprit et la lettre de l’article 26 de la nouvelle Constitution. Et il ne saurait le faire seul. Il a besoin du concours de la société civile, une société civile capable de défendre ses droits citoyens en s’appuyant sur la force de la loi. Pour ce faire, une révolution d’ordre sociologique et mental s’impose à nous tous. Gouvernants et Gouvernés. Sans cela, point de salut pour l’Etat de droit à édifier pour l’Algérie de demain. Dans une République saine débarrassée du « copinage » tous azimuts auquel le temps nous a habitués. A notre corps défendant ou consentant. La question mérite d’être posée pour le débat en cours !

Par Abdelali KERBOUA

 

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