la colère du wali d’Annaba-face à certains responsables locaux- « Bougez–vous, sortez sur le terrain… »

Le coup de gueule du wali d’Annaba Djamel Eddine  Berimi qui a fortement admonesté les élus et les directeurs d’écoles à la veille de la rentrée scolaire démontre que personne ne fait son boulot correctement dans cette wilaya. La médiocrité est devenue courante.

Que faut–il donc faire pour que cette wilaya devienne semblable aux autres ?  A croire qu’une malédiction a frappé le chef lieu de cette circonscription territoriale et ses communes environnantes. L’inertie qui touche cette wilaya date depuis des décennies. En fait elle s’est enracinée dans les esprits de ses gestionnaires. Tout wali quel que soit son niveau de compétence et son autorité ne peut à lui seul venir à bout de cette léthargie. Avant–hier le wali n’a pas fait dans la dentelle. Il a fustigé tout le monde à commencer par le chef de daïra. Il leur a reproché de se complaire dans leurs bureaux, s’éloignant ainsi de tous les problèmes de gestion de cette wilaya. Ils se contentent de rapports qui atterrissent chez eux sans prendre la peine d’en vérifier la teneur et l’exactitude de ce qui leur est rapporté. Pour le wali ce n’est pas comme cela qu’on travaille. « Bougez–vous, sortez sur le terrain, vérifiez ce qui a été fait et interrogez les citoyens » leur a dit le premier responsable de cette wilaya.  Ce langage cru et sans complaisance a-t-il été pris en compte par les concernés ? Pas si sur que cela. Peut être que dans un premier moment il y aura un frémissement de bougeotte de la part de ces derniers mais l’expérience de ces dernières années a suffisamment montré qu’il s’agit juste d’un feu de paille. Au bout de quelques semaines les choses redeviendront comme avant et les mauvaises habitudes rependront comme toujours le dessus. C’est comme ça Annaba ! En réalité il faut plus que des admonestations pour faire de cette wilaya une circonscription comme Sétif dont on ne cesse de féliciter à cause de ses performances. Pourquoi ce ne serait pas le cas d’Annaba. C’est une question qui mérite réflexion. En réalité Annaba souffre d’une maladie endémique : Le clanisme et le tribalisme. Les citadins de cette grande cité s’en sont aperçus depuis très longtemps. Ainsi des fonctionnaires en poste dans les administrations quel que soit leur grade privilégient le plus souvent leurs congénères de leur région d’origine. Ces derniers sont les premiers servis, les autres, ceux qui n’ont aucune affinité avec un chef de service, un sous directeur, un directeur attendront des mois pour que leur affaire soit conclue. C’est ce qu’on appelle le piston communautaire. Ce poison existe au niveau de cette wilaya et ce n’est un secret pour personne. A la longue on a fini par s’en accommoder. La banalisation s’est installée et fait aujourd’hui partie des mœurs. Dans une wilaya comme Sétif on ne trouve nulle trace de ce phénomène. Il y a donc une communauté d’intérêts et cela fonctionne merveilleusement. Pour que la wilaya devienne une circonscription modèle et attractive il y a nécessité de mettre en place une inspection des services administratifs qui soit placée sous l’autorité du wali. Celle-ci aura pour tache de contrôler en permanence tout le travail que font les administrations attachées à cette wilaya mais également  enquêter sur le travail fourni par les élus locaux car ceux–ci sont en première ligne et négligent très souvent la mission qui leur a été confiée par les citoyens qui les ont élus.  Il y a donc un travail titanesque à faire au niveau de cette circonscription territoriale et le plus tôt sera le mieux car les défis énormes qui attendent le pays dans son ensemble sur le plan économique et sur le bien être des citoyens ne sauraient souffrir de retard sinon on n’avancera jamais et qui n’avance pas recule. Une wilaya comme Annaba doit en principe ressembler à Nice ou à Cannes. C’était d’ailleurs prévu dans le fameux plan de Constantine élaboré au cours des deux années qui ont précédés l’indépendance du pays. Pourquoi ne jetterait–on pas un coup d’œil ? Qu’est ce que cela couterait ? C’est ce genre d’initiative courageuse et responsable qu’il faudrait et le premier responsable de la wilaya a toute latitude d’en être le promoteur.

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